Les bactéries intestinales migrent vers les poumons chez les patients atteints d'insuffisance pulmonaire aiguë. Cette découverte révèle de nouvelles pistes sur les causes de cette pathologie et ouvre la voie à des traitements innovants à long terme.

Les bactéries intestinales migrent vers les poumons chez les patients souffrant d'insuffisance pulmonaire aiguë. Cette avancée scientifique, menée par des experts de l'Université du Michigan, éclaire les mécanismes sous-jacents et promet d'améliorer les thérapies futures.
La dysbiose bactérienne, un déséquilibre des populations microbiennes dans l'organisme, est connue depuis des décennies pour aggraver les formes graves de maladies. Les chercheurs de l'Université du Michigan ont détecté des bactéries intestinales dans les poumons de patients en insuffisance pulmonaire aiguë, ainsi que chez des modèles animaux de sepsis, un précurseur fréquent de cette affection.
Un cercle vicieux inflammatoire
"Les études antérieures sur le sepsis et l'insuffisance pulmonaire aiguë ont occulté une part essentielle de l'histoire", explique le chercheur principal, Robert Dickson. "Aujourd'hui, nous combattons l'inflammation et les lésions tissulaires. Nos travaux démontrent que ces symptômes résultent d'une cause plus profonde : la perturbation de l'équilibre microbien."
Ce déséquilibre initie un cercle vicieux : les bactéries intestinales dans les poumons déclenchent une réponse immunitaire excessive (inflammation), qui endommage les tissus pulmonaires fragiles et favorise l'arrivée de pathogènes supplémentaires.
Vers de nouveaux traitements
Pour rompre ce cycle, il est crucial de comprendre pourquoi ces bactéries intestinales atteignent les poumons. Les poumons de patients gravement malades pourraient être plus perméables, ou une présence résiduelle de ces microbes pourrait être la norme.
"Les bactéries de notre corps sont essentielles à la santé. Il est temps de considérer l'ensemble du microbiote et son équilibre comme un organe vital", conclut Dickson. L'étude est publiée dans Nature Microbiology en 2020.