Ce que les humains rêvent d'atteindre depuis des siècles semble être une réalité pour de nombreuses bactéries. Elles détiennent le secret de l'immortalité.
Notre système de santé n'a jamais été aussi performant, augmentant ainsi considérablement notre espérance de vie. Pourtant, nous restons mortels. Les cellules de notre corps s'abîment progressivement avec l'âge, entraînant un dysfonctionnement des organes vitaux et, inévitablement, la mort.
Au fil des siècles, nombreux sont ceux qui ont tenté d'échapper à ce destin par des méthodes souvent farfelues : la pierre philosophale, la Fontaine de Jouvence, ou plus récemment, des injections de bactéries vieilles de 3,5 millions d'années. Biologiquement, une vie éternelle semble hors de portée pour l'humain.
Certaines bactéries, en revanche, ont conquis cet objectif. Leur secret réside dans leur mode de reproduction : elles grandissent puis se divisent en deux cellules filles. Lors de cette division, le matériel cellulaire neuf est réparti équitablement. Ainsi, chaque nouvelle bactérie naît avec la moitié de composants intacts et récents, évitant l'accumulation de dommages et simulant une immortalité.

Les bactéries sont immortelles, mais pas invincibles. Plus elles vieillissent, plus elles deviennent vulnérables.
La réalité est plus nuancée. Si la plupart du matériel est renouvelé à chaque division, les pôles des bactéries – leurs extrémités – ne le sont pas et accumulent des dommages avec le temps, comme chez les humains. Pourtant, en conditions optimales, même les bactéries aux pôles les plus anciens survivent sans problème. Ce mécanisme reste un mystère scientifique.

Ce n'est qu'en cas de stress (chaleur extrême, famine) que les bactéries les plus âgées périssent en premier. Elles vieillissent bel et bien, mais sans souffrance tant que leur environnement reste favorable. Conclusion : immortelles, oui ; invincibles, non.
La théorie de l'évolution de Charles Darwin pose une énigme : si la sélection naturelle favorise la survie, pourquoi n'avons-nous pas évolué vers l'immortalité ?
Pour cela, nos cellules devraient réparer efficacement leurs dommages. Deux explications émergent.
Premièrement, ces réparations exigent une énergie colossale. Chez nos ancêtres préhistoriques, où la nourriture était rare, l'énergie prioritaire allait à la chasse et à la thermorégulation, non à des réparations différées.
Deuxièmement, peu atteignaient un âge avancé, tués par prédateurs, maladies ou accidents. L'évolution n'a donc pas investi dans une longévité extrême.
Des millions d'années nous ont rendus mortels. Mais la quête humaine persiste : clonage d'organes, prothèses électroniques, ou téléchargement neuronal ? L'immortalité reste un horizon à conquérir.
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