Les bactéries E. coli réagissent aux stimuli physiques de manière similaire à la peau humaine et aux cellules nerveuses.

« D'un point de vue évolutif, les biologistes considèrent la bactérie comme une variante primitive de notre propre système nerveux central. »
Il est établi depuis longtemps que les populations bactériennes sont extrêmement sensibles à leur environnement. Par exemple, la plupart des espèces se multiplient rapidement en présence de glucose. De même, les bactéries non résistantes meurent rapidement au contact d'antibiotiques, leurs parois cellulaires étant déchirées.
Les biologistes ont récemment découvert que les bactéries – qui se distinguent des autres organismes unicellulaires par l'absence de noyau – réagissent aussi aux stimuli physiques. Ainsi, les bactéries Salmonella infectent plus efficacement les humains sur une surface dure que sur une surface molle.
Des chercheurs américains viennent de démontrer que E. coli, présente notamment dans nos intestins, est sensible à une pression mécanique appliquée par un instrument microscopique. Ils ont élucidé le mécanisme de transmission du signal associé à cette « sensation » bactérienne.
Les scientifiques ont intégré des gènes « lumineux » sensibles aux ions calcium dans les bactéries. Lorsque ces ions entrent dans les cellules, elles émettent de la lumière. En « piquant » les échantillons avec un micro-bâtonnet, les chercheurs ont observé une luminescence bleue.
Cette observation suggère que les bactéries possèdent une forme primitive de système nerveux, où les signaux se propagent via des impulsions électriques. Selon les biologistes, ce mécanisme pourrait être l'ancêtre évolutif de notre système nerveux central.