Des chercheurs du MIT ont modifié une bactérie intestinale commune, Bacteroides thetaiotaomicron, pour lui conférer de nouvelles fonctions, avant de la réintroduire avec succès dans l'intestin d'une souris.

Publié dans la revue Cell Systems, cette avancée ouvre des perspectives pour des thérapies ciblées via le microbiote intestinal.
Les scientifiques ont programmé cette bactérie pour activer des gènes en réponse à des sucres spécifiques du régime alimentaire des souris. « Certaines molécules de sucre de la nourriture se lient à une protéine, qui à son tour se lie à l'ADN de la bactérie, activant un gène », explique Christopher Voigt, professeur au MIT. Ainsi, la bactérie agit comme un « capteur » sensible à des pathogènes, inflammations ou intolérances alimentaires comme le lactose ou le gluten.
À terme, l'objectif est de doter ces bactéries de capacités actives contre les maladies. Des travaux antérieurs ont déjà permis à E. coli modifiée de produire des substances supprimant l'appétit et l'obésité chez la souris. D'autres équipes utilisent des bactéries pour fabriquer et transporter des médicaments anticancéreux. L'atout de Bacteroides thetaiotaomicron : son abondance naturelle dans l'intestin humain et sa compatibilité avec la flore microbienne.
[]