La composition bactérienne des selles des bébés âgés d'une à deux semaines peut prédire leurs pleurs un mois plus tard.

La composition bactérienne des selles des bébés âgés d'une à deux semaines peut prédire leurs pleurs un mois plus tard.
La biologiste Dr Carolina de Weerth, de l'Université Radboud à Nimègue (Pays-Bas), a analysé plus d'un millier de bactéries intestinales dans les selles de 24 nouveau-nés. Elle a établi un lien clair entre la flore microbienne fécale et le comportement de pleurs observé jusqu'à quatre mois.
À six semaines, les pleurs quotidiens ont été enregistrés : 12 bébés pleuraient plus de trois heures par jour (seuil des « bébés pleureurs »), contre un peu plus d'une heure pour les 12 autres. Les selles des futurs « pleureurs », collectées précocement, montraient une moindre diversité bactérienne et un développement plus lent de la flore, comparé au groupe témoin.
Les bébés pleureurs présentaient deux fois plus de protéobactéries (dont des espèces productrices de gaz) que les autres. En revanche, bifidobactéries, lactobacilles et bactéries productrices de butyrate (aux effets analgésiques chez l'adulte) étaient moins abondantes. Selon Dr de Weerth, cette diversité ou ce profil microbien spécifique pourrait expliquer les pleurs excessifs. Ses travaux, publiés en ligne dans la revue Pediatrics, ouvrent de nouvelles perspectives.
Les causes de cette différence microbienne restent inconnues, mais la flore intestinale peut être modulée par des probiotiques. Des études antérieures ont réduit les pleurs chez des bébés plus âgés via probiotiques. Ces résultats pourraient guider des essais précoces pour prévenir les pleurs chez les nouveau-nés à risque.
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