Les grenouilles abritant une grande diversité de parasites dans leur corps sont mieux protégées contre les parasites toxiques, selon une étude américaine.

Les grenouilles présentant une riche diversité parasitaire résistent mieux aux parasites pathogènes. Cette découverte provient de chercheurs de l'Université du Colorado.
Les biologistes ont analysé des échantillons prélevés dans 134 étangs californiens, en vérifiant la présence de trématodes (douves). Ils ont étudié les effets sur la santé d'environ 2 000 grenouilles de l'espèce Pseudacris regilla, en laboratoire, pour six espèces de parasites les plus courantes. Parmi elles, Ribeiroia ondatrae, dont les larves s'installent dans les membres des têtards, formant des kystes qui provoquent des malformations.
L'expérience révèle que, exposées simultanément aux six types de douves, les grenouilles montrent 42 % d'infections graves en moins par rapport à celles infectées par une seule espèce. Les parasites se concurrencent mutuellement. Ainsi, un environnement riche en parasites agit comme un tampon contre les pathogènes dangereux. Cependant, l'ordre d'infection compte : un parasite virulent est souvent atténué par des espèces moins nocives si celles-ci arrivent en premier ; l'inverse peut aggraver les symptômes.
"De nombreuses études montrent que la diversité parasitaire influence aussi le risque de maladies chez l'humain", explique Pieter T. J. Johnson, principal auteur. "Des recherches récentes indiquent que la diversité des hôtes augmente le risque d'infection chez les plantes, mammifères et oiseaux. Par exemple, une réduction des espèces hôtes vertébrées pour la tique de la borréliose de Lyme accroît le risque humain."
L'étude est publiée cette semaine dans Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS).
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