Un généraliste flamand sur trois est un buveur à risque. Hélas, peu d'entre eux cherchent de l'aide face à une dépendance. Ces résultats proviennent d'une enquête auprès de plus de 600 médecins généralistes.

Un généraliste flamand sur trois est un buveur à risque. Peu sont prêts à demander de l'aide pour une dépendance. Enquête auprès de plus de 600 praticiens.
L'anesthésiste alcoolique responsable d'erreurs fatales lors d'un accouchement en France n'est pas un cas isolé. Bien que tous les médecins ne soient pas dépendants, les généralistes flamands consomment beaucoup d'alcool. Près de 95 % des 626 médecins généralistes interrogés en ligne boivent, selon la chercheuse Freya Saeys dans Eos (2020). C'est plus que dans la population générale (70 %). Les hommes boivent plus que les femmes. Un sur sept consomme quotidiennement, un sur huit pratique le binge drinking (cinq verres ou plus en une soirée, une fois par mois). Un sur trois est à risque pour sa santé, surtout les fumeurs et travailleurs masculins.
Conscientes des dangers, ces médecins restent tolérants : seuls 28 % soutiennent la tolérance zéro au volant. Ils se croient à l'abri et manquent souvent de médecin traitant personnel. Deux tiers hésiteraient à consulter pour un problème psychologique comme une addiction. Ils ne sont pas de bons patients, entrant dans une spirale de l'usage à l'abus puis à la dépendance, note Saeys dans Eos.

Freya Saeys, généraliste et députée flamande, a réalisé cette étude pour sa thèse. Résultats publiés dans le British Journal of General Practice et vulgarisés dans Eos (novembre 2014).