L'oseltamivir, connu sous le nom de marque Tamiflu, n'empêche pas les complications graves de la grippe comme la pneumonie et ne freine pas la propagation du virus.

L'oseltamivir (Tamiflu) ne protège pas contre les complications graves de la grippe, telles que la pneumonie, et ne ralentit pas la diffusion du virus grippal. Pourtant, de nombreux gouvernements, dont ceux de Belgique et des Pays-Bas, ont investi des milliards d'euros dans des stocks pour faire face à des pandémies comme la grippe aviaire ou porcine.
Dans plusieurs pays, le Tamiflu est couramment prescrit aux patients grippés. Des réserves stratégiques ont été constituées en prévision de nouveaux virus sans vaccin disponible. Cependant, son efficacité n'avait jamais été pleinement démontrée, car Roche, le fabricant, avait gardé ses données d'essais cliniques confidentielles.
La Cochrane Collaboration, réseau international d'experts indépendants évaluant les traitements médicaux, réclamait un accès à ces données depuis 2009. Elle a enfin pu les analyser en 2014.
Selon cette méta-analyse de 20 études sur le Tamiflu et 26 sur le Relenza (zanamivir), impliquant 24 000 patients, ces antiviraux réduisent la durée des symptômes de seulement 0,7 jour (de 7 à 6,3 jours). Ils augmentent toutefois les risques de nausées, troubles psychiatriques et problèmes rénaux. Aucun bénéfice chez les enfants, et des indices d'inhibition des cellules immunitaires.
Les experts de Cochrane concluent à une efficacité discutable et à des effets secondaires sous-estimés. Ils interpellent les décideurs publics : auriez-vous investi autant si ces faits avaient été connus ? (ks)
