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L'obésité augmente-t-elle les risques du coronavirus ? Leçons d'une étude sur la grippe H1N1

En 2010, des chercheurs américains ont analysé si les personnes obèses étaient plus vulnérables à des complications graves après une infection virale. L'étude portait sur la grippe H1N1 (issue du virus aviaire) et a examiné 534 adultes hospitalisés.

Plus de la moitié des patients présentaient un IMC supérieur à 30, seuil définissant l'obésité (IMC : indice de masse corporelle, calculé en fonction du poids et de la taille ; 25-30 : surpoids ; 20-25 : normal). Le nombre d'obèses hospitalisés était deux fois supérieur à leur proportion dans la population générale. Parmi les 92 décès, 61 % avaient un IMC > 30 et 30 % un IMC > 40 (obésité sévère). Un IMC > 40 multipliait le risque de mortalité plus que l'âge.

Les auteurs concluent que les infections virales ont des conséquences plus graves chez les obèses.

Interprétation nuancée

Ces études observationnelles paraissent simples (peser, mesurer, calculer l'IMC et corréler avec la survie), mais elles souffrent de biais : les personnes âgées, plus à risque, ont souvent un IMC élevé et des comorbidités multiples.

Comorbidités associées

Les obèses présentent un risque accru de diabète, maladies cardiaques et cancers. Leur mobilité réduite altère leur forme physique générale. Bien que la grippe H1N1 diffère du SARS-CoV-2, ces données historiques sont instructives : plus d'hospitalisations d'urgence chez les obèses après infection virale, et mortalité accrue pour IMC > 45 (ex. : 130 kg pour 1,70 m). Entre 30 et 45, aucun sur-risque mortal n'était observé.

Réserves énergétiques et défis respiratoires

Paradoxalement, les surpoids réussissent parfois mieux en réanimation grâce à leurs réserves énergétiques. Les diabétiques (fréquents chez les obèses) sont vulnérables aux complications. Chez les obèses atteints de COVID-19, la graisse péri-pulmonaire entrave la respiration, augmentant le recours à la ventilation mécanique – observation clinique confirmée.

Conclusion

Cette étude américaine met en lumière un risque accru de complications virales pour l'obésité extrême (IMC > 45). En pratique, les obèses COVID+ nécessitent plus souvent une assistance respiratoire. Note : l'étude ne concernait pas le coronavirus.

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