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La course à pied est-elle nocive pour les genoux ? Mythes et faits scientifiquement prouvés

Cette vérification des faits a été réalisée par des étudiants en journalisme de la KU Leuven en collaboration avec les rédacteurs d'Eos et a également été publiée sur la plateforme factcheck.vlaanderen.

En 2015, trois scientifiques du sport ont calculé dans leur livre Running across Europe que 1,2 million de Flamands enfilent leurs chaussures de course au moins une fois par an. Comme chez les autres athlètes, les blessures ne épargnent pas les coureurs. Bien qu'il n'existe pas de statistiques précises en Flandre, les Pays-Bas les recensent via le centre d'expertise indépendant SafetyNL.

Selon un rapport de ce centre, les coureurs présentent un risque accru de blessures : 6,1 pour 1 000 heures de course, contre 3,1 pour 1 000 heures dans le sport en général. Seul le football sur gazon fait pire avec 6,8 blessures pour 1 000 heures.

Une méta-analyse de treize études internationales révèle des taux encore plus élevés : 17,8 blessures pour 1 000 heures chez les coureurs non entraînés et 7,7 chez les coureurs réguliers. Dans tous les sports, les blessures au genou sont les plus fréquentes (21 % des cas). En course à pied, elles représentent 28 %, légèrement moins que les blessures aux jambes (30 %).

Les blessures kneecap courantes incluent la chondromalacie et le syndrome de la bande ilio-tibiale, dit "genou du coureur". La chondromalacie provoque des douleurs autour de la rotule dues à l'usure du cartilage. Le genou du coureur résulte du frottement du ligament externe de la cuisse contre l'os, touchant 5 à 14 % des blessures en course.

Dans son Complete Book of Running, Amby Burfoot, ex-rédactrice en chef de Runner's World, conseille d'éviter les descentes et d'alterner les côtés sur routes sinueuses pour prévenir ces maux. Beaucoup arrêtent la course à cause d'une blessure au genou, mais cela n'est pas inévitable : un traitement permet souvent de reprendre. Les études indiquent un temps de récupération moyen de 56 à 71 jours.

Une variété de facteurs de risque

Plusieurs facteurs influencent le risque de blessures au genou. Une blessure antérieure est le plus souvent cité : une étude de 2013 montre que 30 % des coureurs blessés en développent au moins deux, souvent aux genoux.

Augmenter progressivement les distances chaque semaine réduit ce risque. Une revue systématique révèle que deux blessures sur trois proviennent d'un entraînement excessif. Le terrain compte aussi : asphalte ou béton augmentent les chocs, tandis que l'herbe les atténue, protégeant le système musculo-squelettique.

'La plupart des coureurs expérimentés ont dû surmonter une blessure. Ils réalisent mieux que les autres qu'ils ne sont pas invulnérables.' Hans Feyen, chirurgien orthopédiste

Les coureurs expérimentés subissent moins de blessures au genou que les novices. Une étude de 2018 indique 8,78 blessures pour 1 000 heures chez les débutants, contre 4,24 chez les experts. Les genoux sont les plus touchés dans les deux groupes. Selon la méta-analyse citée, les non-entraînés cumulent 17,8 blessures pour 1 000 heures, contre 7,7 pour les réguliers. Le Dr Hans Feyen explique : « L'expérience sensibilise aux chaussures, surfaces, étirements et progressions. Les vétérans savent que leur corps n'est pas invincible et mérite des soins. »

L'effet des chaussures de course reste incertain

Les chaussures préviennent-elles les blessures ? Une revue de 2020 de chercheurs luxembourgeois conclut à une surestimation : beaucoup d'arguments manquent de bases scientifiques.

Une étude de 2017 suggère même qu'elles augmentent les risques. Autrefois, les humains couraient pieds nus, atterrissant sur l'avant-pied. Les chaussures modernes favorisent l'arrière-pied, modifiant les charges corporelles. Des modèles "minimalistes" imitant le barefoot peuvent corriger cela, mais exigent une transition graduelle avec renforcement du pied et de la jambe.

Côté pratique, le Dr Feyen observe des bénéfices : « Une statique adéquate (position osseuse à l'appui) est cruciale. Chaussures adaptées ou semelles orthopédiques permettent à de nombreux patients de courir sans récidive. »

Pas de risque accru d'arthrose chez les coureurs

Several études examinent course à pied et arthrose, usure cartilagineuse des genoux. Les coureurs ne présentent pas de risque supérieur ; au contraire, des recherches de 2013 et 2017 montrent un risque réduit. L'IMC plus bas des coureurs est une explication. « Les coureurs adoptent un mode de vie sain, attentif à l'alimentation et au poids, bénéfique pour les articulations », note Feyen.

'Une chaussure ou semelle adaptée permet à de nombreuses personnes de courir sans récidive.' Hans Feyen

La course convient-elle à tous contre l'arthrose ? Non, plaide Feyen : « Pas de recette unique. Après une ménectomie précoce ou avec arthrose naissante, évitez les impacts comme course, foot ou tennis. Évaluez au cas par cas. »

Conclusion

Comme tout sport, la course à pied comporte des blessures, nombreuses mais inférieures au football. Les genoux sont les plus vulnérables. Des précautions (progression, terrain, expérience) minimisent les risques. Récupération : 56-71 jours en moyenne.

Pas de risque accru d'arthrose, grâce à un mode de vie sain. Pour Feyen, avec genoux sains, la course est sûre et renforce via la musculation.

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