La revue BMC Emergency Medicine a retiré un article en raison d'incertitudes sur une photo de tête de serpent coupée.
La vipère tapis d'Afrique de l'Ouest (photo ci-dessus) figure parmi les serpents les plus dangereux au monde. Extrêmement venimeuse, elle réagit agressivement si dérangée et se camoufle parfaitement, souvent invisible jusqu'au moment fatidique.
Publié l'an dernier dans BMC Emergency Medicine, un article relatait le décès d'une Camerounaise de 47 ans mordue au pouce par ce serpent lors de travaux agricoles. Elle avait tué l'animal et lui avait sectionné la tête, puis consulté un guérisseur traditionnel traité avec onguents et décoctions végétales. Sans amélioration, elle fut admise à l'hôpital où son bras présentait une gangrène avancée. Malgré une dose massive d'antivenin, elle succomba quelques heures plus tard.
L'article incluait une photo de la tête de serpent sectionnée (voir ci-dessous). Or, il s'agit non d'une vipère tapis, mais d'un cobra forestier. Erreur d'édition ou d'identification ? Cette dernière hypothèse semble improbable, les deux espèces étant morphologiquement distinctes.

Autre piste : la fraude. L'auteur principal, Joel Tochie, avait déjà utilisé cette image dans une autre publication où le cobra forestier était correctement identifié, victime d'un homme et non d'une femme.
Cela interroge : réutilisation intentionnelle d'une ancienne photo ? La morsure provenait-elle vraiment d'une vipère tapis ou d'une autre espèce ?
BMC Emergency Medicine a retiré l'article sans préciser les motifs. Joel Tochie n'a pas répondu aux demandes d'explications de journalistes américains, tout comme les éditeurs.
Chaque année, plus de 100 000 personnes meurent de morsures de serpents, et 400 000 subissent des séquelles irréversibles comme des amputations. La fiabilité des publications sur ce sujet est cruciale.
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