Au cœur du Jardin Botanique de Gand, sous l'impressionnante œuvre de ROA, le GUM, Musée de l'Université de Gand, ouvre ses portes le samedi 3 octobre. Proche du S.M.A.K. et du MSK, en bordure du Parc de la Citadelle, ce nouveau lieu enrichit l'offre culturelle gantoise.
Photo : Anton Corlazzoli
« Le GUM est à la fois un cabinet de curiosités et une bibliothèque moderne », s'enthousiasme Marjan Doom, directrice du musée, alors que je la rejoins tôt le matin dans les salles encore vides. « Ici, on ne présente pas seulement les résultats de la science, mais le chemin qui y mène. »
Prévue initialement en mars, l'ouverture a été reportée de quelques mois en raison de la pandémie de Covid-19. « Ce délai nous a permis d'adapter l'ensemble aux mesures sanitaires », explique-t-elle. À l'entrée, gel hydroalcoolique obligatoire, stylo individuel pour les écrans tactiles et mouchoirs pour les enceintes audio. La réservation en ligne limite le nombre de visiteurs.

La directrice avait été discrète sur la conception lors d'une précédente interview. Ce qui frappe immédiatement, c'est l'ouverture de l'espace : pas de parcours imposé, mais une exploration libre. « Le visiteur n'est pas guidé pas à pas », confirme Doom. « Pourtant, une structure logique guide la visite. L'exposition permanente s'articule autour de sept thèmes – chaos, doute, modèle, mesure, imaginaire, savoir et réseau – répartis sur deux étages. L'ordre est à votre choix : un étage met l'accent sur la méthodologie scientifique, l'autre sur son impact sociétal. »
Chaque thème repose sur une table maîtresse présentant huit objets ou ensembles issus des sciences exactes et humaines. Le niveau d'information est adaptable : films avec des ambassadeurs de l'Université (Johan Braeckman, Petra De Sutter, Hetty Helsmoortel), extraits audio, catalogue numérique. « Explorer toutes les tables révèle le cœur du musée », note Doom.

Le GUM abrite bien plus : sur 400 000 objets du patrimoine académique de l'Université, 800 ont été sélectionnés, exposés sur et autour des tables. Des thèmes annexes et jeux interactifs complètent l'expérience.
À l'entrée et à la sortie, deux films de Sarah Vanagt : l'un sur les outils de découverte humaine, l'autre avec scientifiques, artistes et enfants imaginant l'avenir. Un salon favorise les échanges informels avec des chercheurs, qui présentent un objet de leur travail.

Jan van Eyck, 'Madone avec le chanoine Van der Paele', schémas géométriques dans la composition et la perspective © arch. Patrick Seurinck - Musea Brugge, www.lukasweb.be – Art in Flanders. Photo : Hugo Maertens.
Au rez-de-chaussée, la première exposition temporaire Van Eyck dans les profondeurs confronte art et science. Jusqu'à fin juin, l'architecte Patrick Seurinck analyse les toiles de Van Eyck, révélant comment le maître a parfois défié la perspective pour une harmonie parfaite.
À partir du 3 octobre, entrée gratuite tout le mois. Infos sur www.gum.gent
Eos s'est entretenu l'an dernier avec Marjan Doom, alors en phase de préparation : « Nos chefs-d'œuvre ne sont pas les plus chers ou anciens, mais ceux qui racontent le plus. »
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