D'ici 2050, nous remplacerons les organes défectueux de notre corps par des tissus cultivés en laboratoire. « Produire des organoïdes devient un processus industriel comme un autre. »
« Humice arrive », prédit Nature fin 2020. Selon cette revue scientifique prestigieuse, les humice – contraction de souris humanisées – marquent une rupture majeure et figurent parmi les temps forts scientifiques de l'année.
Le chercheur japonais en cellules souches Hiromitsu Nakauchi, qui dirige des équipes aux universités de Tokyo et Stanford, a annoncé son intention d'injecter des cellules souches humaines dans des embryons de souris ou de rats pour créer des embryons hybrides. Ces embryons seraient ensuite transplantés dans des animaux hôtes, comme des porcs, pour se développer. Cette pratique est légale au Japon depuis mars 2019.
L'objectif final de Nakauchi : faire pousser des organes majoritairement humains dans ces grands animaux, que les chirurgiens pourraient transplanter chez des patients pour remplacer un organe défaillant.

« En neutralisant leur système immunitaire, nous humanisons les animaux », explique le rhumatologue Frank Luyten (KU Leuven). « Le principe est simple : on injecte ou implante des cellules souches humaines ou des tissus embryonnaires chez des souris ou des rats, dont le système immunitaire est partiellement inhibé pour éviter un rejet immédiat. »
« Avec le bon environnement, on peut ainsi créer des tissus hybrides, voire entièrement humains, chez ces rongeurs. Une approche similaire est envisageable avec des animaux plus grands comme les porcs ou les moutons, pour obtenir des organes de taille humaine. »
Pour le grand public, ces expériences évoquent un monstre de Frankenstein en chair et en os. Des experts comme Luyten saluent la science sous-jacente, mais expriment des réserves : « Thiquement, c'est fascinant et prometteur, mais attendons les résultats. Plusieurs obstacles subsistent. »

Les tissus cultivés en laboratoire sont-ils sûrs ? Peut-on les produire à l'échelle industrielle ? Lisez l'article complet dans le magazine Eos, disponible sur magazineshop.be.