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Syndrome post-réanimation (PICS) : une vague de séquelles chez les survivants des soins intensifs

Plus de la moitié des patients hospitalisés en unité de soins intensifs (USI) pour COVID-19 ou une autre pathologie grave souffrent de séquelles physiques, psychologiques et cognitives à long terme.

Actuellement, près d'un millier de patients COVID occupent les lits d'USI en Belgique. Soutenus par des machines et des médicaments, leurs vies sont de plus en plus souvent sauvées. Cependant, le séjour en réanimation laisse des traces durables chez plus de 50 % d'entre eux, surtout ceux présentant des comorbidités préexistantes. Ces troubles regroupent des symptômes physiques, psychologiques et cognitifs.

Selon le Dr Germaine Hanquet, qui a étudié le syndrome pour le Centre fédéral d'expertise des soins de santé (KCE), le PICS (Post-Intensive Care Syndrome) reste méconnu en Belgique, tant chez les professionnels de santé que dans le grand public. « Les patients sortants de réanimation ne bénéficient pas d'un suivi systématique », explique-t-elle.

La plupart des patients consultent leur médecin généraliste après leur sortie. Le Dr Hanquet a donc développé des outils pratiques pour détecter précocement les signes du PICS.

Faiblesse musculaire

Le PICS englobe des troubles physiques, psychologiques et cognitifs. Les symptômes physiques surgissent en premier, souvent dès la sortie de l'USI. Chez 40 % des patients, une faiblesse musculaire extrême résulte d'une immobilisation prolongée, d'une atrophie et d'une inflammation aiguë. C'est le symptôme le plus fréquent et il s'améliore généralement dans l'année.

Par ailleurs, 20 à 40 % des patients présentent des troubles cognitifs : pertes de mémoire, difficultés d'élocution, problèmes d'attention et dysfonctions exécutives (planification, gestion du temps, multitâche). Ces séquelles peuvent persister des années.

Enfin, 20 à 35 % développent anxiété et dépression plusieurs mois après. Ces troubles psychologiques, les plus invalidants, compliquent émotionnellement le retour à la vie normale.

Journal de soins

Environ 20 % des patients souffrent de trouble de stress post-traumatique (TSPT) : souvenirs intrusifs, cauchemars, flashbacks et évitements. Ces symptômes peuvent survenir tardivement et durer des années. Ils touchent aussi 20 à 50 % des proches, eux-mêmes stressés et souvent devenus aidants principaux.

Le KCE explore des mesures préventives en USI, comme la tenue d'un journal de soins intensifs. Des études montrent qu'il atténue les symptômes psychologiques en aidant les patients à contextualiser leur expérience.

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