Les parents de classe moyenne sont mieux informés sur les troubles d'apprentissage que ceux des classes populaires.

Les diagnostics de troubles d'apprentissage concernent surtout les enfants de classe moyenne, selon une étude flamande menée par le Pr Wim van den Broeck.
Sur un échantillon aléatoire de 11 715 enfants d'écoles primaires en Flandre et à Bruxelles, 7,5 % ont reçu au moins un diagnostic de trouble d'apprentissage. Les plus fréquents sont la dyslexie (2,8 %), le TDAH (2,2 %) et l'autisme (1,25 %). Plus d'un diagnostic a été posé dans 17 % des cas, souvent TDAH + dyslexie, TDAH + autisme ou dyslexie + dyscalculie.
L'échantillon provient de 71 écoles géographiquement dispersées et de divers réseaux éducatifs. Les garçons sont surdiagnostiqués : 4 fois plus pour le TDAH, 6 fois pour l'autisme, 2,5 fois pour la dyslexie et 3 fois pour la dysorthographie que les filles. Seule la dyscalculie touche plus les filles (3,5 fois). « Il s'agit de diagnostics, pas de prévalence réelle », précise Van den Broeck.
Le résultat le plus marquant : la probabilité de diagnostic dépend du niveau socio-économique des parents, mesuré par leur éducation. Les enfants de parents ayant seulement un enseignement primaire sont sous-diagnostiqués, malgré une prévalence potentiellement plus élevée, en raison d'une moindre sensibilisation. Pour les parents ayant un enseignement secondaire, le risque est 10 fois supérieur ; pour l'enseignement supérieur non universitaire, 15 à 20 fois. Cela s'explique par une plus grande familiarité, un intérêt accru et des ressources financières. Les chercheurs critiquent ces inégalités et plaident pour que les Centres d'orientation des élèves (CLB) gèrent tous les diagnostics éducatifs.
Paradoxalement, chez les enfants de parents universitaires, le risque n'est que 3 fois supérieur au groupe le moins éduqué, car ces parents hésitent à « étiqueter » leurs enfants. (ev)