Une odeur liée à la douleur est perçue comme plus forte dès le niveau des premières cellules nerveuses. Des expériences menées sur des souris le confirment.

Une odeur liée à la douleur est perçue comme plus forte dès le niveau des premières cellules nerveuses. Des expériences menées sur des souris le confirment.
Quand nous sentons l'odeur du gaz, nous percevons immédiatement le danger. Traditionnellement, les scientifiques pensaient que cela nécessitait une interprétation cérébrale basée sur des expériences passées. Or, de nouvelles recherches révèlent une réponse bien plus instinctive : les premières cellules nerveuses olfactives réagissent déjà plus fortement aux odeurs "hostiles".
Du moins chez les souris. Des chercheurs américains ont placé des rongeurs dans une cage et leur ont fait inhaler diverses odeurs à intervalles réguliers. Par la suite, l'une de ces odeurs était systématiquement suivie d'un choc électrique douloureux émis par le sol de la cage. Des groupes témoins ont reçu les mêmes odeurs sans chocs, ou les chocs sans odeurs.
Résultat : les souris se figeaient de peur dès qu'elles détectaient l'odeur associée à la douleur. Préalablement modifiées génétiquement, elles exprimaient une fluorescence dans leurs cellules nerveuses olfactives initiales – comparables aux cellules ciliées de l'oreille pour les sons – lors de la transmission des signaux au cerveau. Cela a permis d'observer leur première réaction. Après conditionnement, la réponse à l'odeur "douloureuse" était amplifiée, équivalente à une concentration quatre fois supérieure, selon John McGann de l'Université Rutgers à New Brunswick.
Ces cellules ne sont donc pas de simples relais : elles amplifient les signaux d'odeurs critiques avant même l'interprétation corticale. L'apprentissage olfactif s'opère ainsi en périphérie, sans conscience préalable.
Les chercheurs suggèrent que des dysfonctionnements de ce mécanisme pourraient contribuer à des troubles anxieux comme le stress post-traumatique. L'étude paraîtra dans Science (2020).
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