Le même gène qui détermine la vitesse de décomposition de l'alcool dans notre corps influence aussi notre tolérance à la douleur. Une molécule innovante peut élever ce seuil.

Le gène ALDH2, clé du métabolisme alcoolique, régule également notre capacité à supporter la douleur. Une molécule restaure cette fonction.
L'enzyme ALDH2 décompose les aldéhydes toxiques issus de la transformation de l'alcool. Environ 8 % de la population mondiale, surtout des Asiatiques de l'Est, porte une mutation de ce gène, les rendant plus sensibles à l'enivrement rapide.
Des recherches antérieures indiquant un seuil de douleur plus bas chez ces populations, Vanessa Zambelli et son équipe de la Stanford University School of Medicine ont testé un lien. Chez des souris modifiées avec cette mutation (touchant un tiers des Asiatiques de l'Est), la sensibilité à la douleur a augmenté. L'administration d'Alda-1 a restauré l'activité ALDH2, normalisant leur seuil.
Alda-1 booste la dégradation des aldéhydes. Publiée dans Science Translational Medicine, cette étude pave la voie à des analgésiques non addictifs. Les aldéhydes, produits par les cellules stressées, endommagent les protéines et favorisent le cancer. « Il faut éliminer ces aldéhydes pour notre santé », explique Daria Mochly-Rosen, chercheuse principale. « Nous savons désormais comment. » (lg)