Chez les jeunes enfants, la douleur est trop souvent méconnue, sous-contrôlée et sous-traitée. Elle engendre des douleurs chroniques, des handicaps et des souffrances inutiles, selon un comité d'experts composé de scientifiques, médecins, psychologues, parents et patients, publié dans la prestigieuse revue The Lancet (2020).
La solution repose sur quatre objectifs prioritaires, explique l'auteur principal, Christopher Eccleston, professeur à l'Université de Bath (Royaume-Uni). Il faut accorder plus d'importance à la douleur et approfondir nos connaissances, optimiser les méthodes de mesure et leur usage systématique, puis soulager efficacement par des interventions psychologiques, pharmaceutiques et physiques. L'interprétation de ce soulagement varie d'un enfant à l'autre.
Aujourd'hui, de nombreux enfants et adolescents souffrent de douleurs aiguës ou persistantes mal prises en charge. Ces douleurs résultent d'une interaction complexe de facteurs biologiques, psychologiques et sociaux, rendant leur traitement challenging.
Des approches simples et prouvées sont négligées, note Eccleston. Les recommandations de l'OMS (2015) indiquent par exemple que tenir ou allaiter les nourrissons réduit leur douleur lors de soins. Chez les adolescents, les techniques de distraction offrent des effets similaires.
Des idées fausses persistent, comme rassurer les enfants avant une opération chirurgicale, ce qui les effraie davantage en percevant l'inquiétude parentale – une croyance infirmée par les études.
Enfin, le comité appelle à développer de nouveaux médicaments pédiatriques analgésiques sans activer le système de récompense, contrairement aux opioïdes.
Source : Université de Bath, Royaume-Uni
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