Les Jeux olympiques ne sont pas encore à mi-parcours, et la Belgique a déjà égalé son bilan de médailles de Tokyo 2020. Au-delà des gènes et d'un entraîneur compétent, des recherches britanniques révèlent que les "super athlètes" puisent souvent leur force mentale dans des traumatismes infantiles.

Des icônes comme Michael Phelps, Usain Bolt ou les sœurs Williams dominent sans effort apparent. Selon le psychologue du sport Tom Woodman (Université de Bangor, Pays de Galles) et son équipe, ces "super toppers" partagent non seulement un physique d'exception, mais aussi un passé marqué par l'adversité. Ils ont interrogé 32 athlètes britanniques : 16 élites absolues et 16 performers solides mais souvent frustrés par le podium. Résultat : chaque superstar a subi un événement traumatique majeur dans l'enfance – divorce parental, décès, maladie ou perte affective. Peu après, le sport est devenu leur refuge, un tournant positif qui leur a donné sens, valeur et motivation pour la première fois.
Les chercheurs ont aussi identifié un second pivot décisif plus tard dans leur carrière : un nouvel entraîneur inspirant ou une nouvelle épreuve personnelle, poussant ces athlètes à redoubler d'efforts. Pour eux, perdre est impensable. Leur motivation obsessionnelle naît d'un besoin viscéral de vaincre, contrairement aux autres qui visent gloire, chance ou argent. Plus impitoyables et focalisés sur l'auto-dépassement, ils n'hésitent pas à sacrifier relations ou distractions pour leurs objectifs. Cette étude souligne que l'absence de tels chocs précoces prive souvent de l'élan nécessaire à l'excellence absolue.
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