Certains secteurs du cerveau sont plus vulnérables à la maladie d'Alzheimer que d'autres, car ils éliminent moins efficacement les protéines accumulées. Les chercheurs prédisent ces zones à risque en analysant l'ADN.

Des régions cérébrales prédisposées à Alzheimer identifiées par leur ADN
Dans la maladie d'Alzheimer, des protéines naturellement présentes dans l'organisme s'accumulent anormalement dans le cerveau en raison d'un mauvais repliement qui favorise leur agrégation.
"La maladie n'est pas due à une surproduction de ces protéines, mais à une élimination insuffisante dans certaines zones cérébrales", explique Michele Vendruscolo, chimiste à l'Université de Cambridge et responsable de l'étude. Jusqu'ici, les raisons de cette vulnérabilité régionale restaient méconnues.
Une signature génétique distinctive
L'équipe de Vendruscolo a identifié une signature génétique spécifique dans les régions affectées par Alzheimer. L'ADN y fonctionne différemment, produisant moins de "nettoyants" cellulaires qui empêchent l'accumulation protéique. Cette anomalie est déjà présente chez des personnes en bonne santé, des années avant l'apparition des symptômes.
Les zones à faible signature génétique sont moins aptes à se défendre contre ces agrégats. "Avec l'âge, la capacité d'élimination protéique diminue globalement, expliquant pourquoi Alzheimer survient tardivement. La maladie débute dans les secteurs déjà fragiles. Stimuler ces mécanismes de défense pourrait favoriser un vieillissement cérébral sain", ajoute l'expert.
L'étude est publiée dans Science en 2020.
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