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L'humain, une créature sociale par nature : bienfaits évolutifs de la vie en groupe

Que vous soyez introverti ou extraverti, vous êtes, comme tout un chacun, une créature sociale. La vie en groupe offre de nombreux avantages sur le plan évolutif, tout comme le sexe. Au-delà de la transmission des gènes, le sexe procure aussi des bénéfices individuels.

Après le confinement, nous reprenons contact avec des personnes extérieures à notre cercle proche : amis, famille, collègues, voisins, connaissances. Des interactions réelles, non virtuelles. Certains articles suggèrent que la 'quarantaine sociale' perdure pour les introvertis, qui n'ont pas vécu l'isolement comme une contrainte. Les solitaires performants ont apprécié le télétravail. Pourtant, les visioconférences obligatoires génèrent souvent du stress.

Introverti, extraverti ou nuance intermédiaire, nous sommes tous des êtres sociaux, fruit de centaines de milliers d'années d'évolution. Les chasseurs-cueilleurs, vivant en groupes plus larges, ont dû se répartir les tâches et collaborer. « Nous sommes l'espèce animale la plus sociale », explique le biologiste évolutionniste Mark Nelissen dans ce numéro.

La vie collective exige une activité cérébrale accrue, coûteuse en énergie, mais compensée par des gains majeurs : partenaires plus accessibles, chasse plus efficace, protection collective contre les dangers. Depuis toujours, les humains évoluent en groupes d'environ 150 individus, comme les chasseurs-cueilleurs actuels et nos propres cercles sociaux.

« Nous sommes programmés pour converser à 80 centimètres de distance, et un virus n'y changera rien. »

Pour assurer la cohésion des groupes et sociétés, la communication est essentielle. Elle nous rend pleinement humains, et la crise du Covid-19 n'y dérogera pas. Mark Nelissen doute de la viabilité à long terme de la 'société du mètre et demi'. Notre besoin d'interaction, via le langage, l'emporte sur la distanciation. Une conversation se tient en moyenne à 80 cm – nous sommes câblés ainsi.

Vivre en groupe facilite aussi la recherche de partenaires. Le sexe, pilier biologique, diversifie le patrimoine génétique, rendant la descendance plus résistante aux pathogènes. Malgré les risques (infections, dangers physiques, transmission partielle des gènes), de récentes études révèlent des avantages au-delà de la reproduction, bénéfiques pour l'individu chez presque tous les organismes. Tout est détaillé dans le nouveau Eos.


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