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Grossesse et sclérose en plaques : les symptômes apparaissent 3,3 ans plus tard chez les femmes enceintes

Les femmes atteintes de sclérose en plaques (SEP) qui ont déjà été enceintes présentent leurs premiers symptômes plus tard que celles n'ayant jamais connu de grossesse. Ces résultats, issus d'une étude internationale rigoureuse, éclairent les mécanismes de la maladie et ouvrent des perspectives thérapeutiques prometteuses.

Les femmes SEP ayant eu un enfant ont ressenti leurs premiers symptômes 3,3 ans plus tard en moyenne que celles n'ayant jamais été enceintes. Telle est la conclusion d'une équipe de neuroscientifiques, dont des chercheurs de l'Université Monash en Australie. Ils ont analysé les données de plus de 2 500 femmes ayant développé des symptômes de SEP après une grossesse éventuelle. Les femmes enceintes mais n'ayant pas accouché (fausse couche ou avortement) montrent également un retard de 3,4 ans pour l'apparition des premiers signes.

Système immunitaire et grossesse

Nathalie Cools, chercheuse à l'Université d'Anvers spécialisée dans les traitements immunomodulateurs pour la SEP, qualifie ces résultats de remarquables. Dans la SEP, le système immunitaire attaque la myéline, gaine protectrice des nerfs, entraînant fatigue, paralysie et autres symptômes. "Certaines patientes connaissent une poussée post-partum, liée à la chute hormonale. J'attendais un retour précoce des symptômes après l'accouchement", note-t-elle.

'Le système immunitaire est moins actif pendant la grossesse, pour permettre au fœtus de se développer correctement.'Nathalie Cools, Université d'Anvers

Cette étude, basée sur une vaste base de données, approfondit la compréhension des mécanismes de la SEP. Plusieurs hypothèses expliquent ce retard : la grossesse pourrait atténuer l'hyperactivité immunitaire, modifier l'ADN maternel ou via l'œstrogène, hormone abondante en gestation qui module l'immunité. "Des études sur des souris SEP confirment les effets bénéfiques des œstrogènes", ajoute Cools.

Elle nuance toutefois : l'étude repose sur des syndromes cliniquement isolés (SCI), précurseurs possibles de la SEP, sans préciser si tous les cas étaient diagnostiqués. L'âge moyen des maternités (environ 23 ans) semble également jeune.

Résultats publiés dans JAMA Neurology.

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