Le paracétamol pourrait perturber le développement cérébral du fœtus.

Une étude danoise sur plus de 64 000 enfants et leurs mères met en évidence un lien entre l'utilisation d'analgésiques au paracétamol (comme le Dafalgan ou le Panadol) pendant la grossesse et le risque de TDAH chez l'enfant.
Les mères ont rapporté leur consommation d'analgésiques à trois moments : 3 et 7 mois de grossesse, et 6 mois après l'accouchement. Sept ans plus tard, un questionnaire a évalué les troubles du comportement des enfants. Les chercheurs ont aussi consulté les diagnostics hospitaliers, psychiatriques et les prescriptions de médicaments pour TDAH, comme la Ritaline.
Plus de la moitié des mères avaient pris du paracétamol pendant la grossesse. Ces médicaments, disponibles sans ordonnance et jugés sûrs pour les femmes enceintes, pourraient pourtant augmenter les risques. Selon Zyan Liew et son équipe de l'Université de Californie à Los Angeles, une utilisation prolongée au-delà de 19 semaines double le risque de trouble hyperkinétique (sous-type de TDAH) et augmente de 50 % la probabilité de prescription médicamenteuse.
Les résultats ont été ajustés pour tenir compte des antécédents de santé mentale maternelle, inflammations, infections, poids de naissance, tabagisme, alcool et autres facteurs.
"Le paracétamol traverse le placenta", expliquent les auteurs dans JAMA Pediatrics (2020). "Il pourrait altérer le développement cérébral fœtal via les hormones maternelles. Si causal, il ne saurait plus être considéré comme sûr en grossesse."
Corrélation, non causalité
La cooccurrence n'implique pas de causalité. Des experts de l'Institute of Psychiatry, Psychology & Neuroscience précisent : "Cette étude ne doit pas modifier les pratiques actuelles." Ils notent des limites : absence de données sur les doses, exclusion d'un tiers des mères pour non-réponse. Des études complémentaires sont nécessaires, car "l'innocuité des médicaments en grossesse n'est pas acquise" (lg).