Quel est l'impact de la pandémie de coronavirus sur le harcèlement scolaire ? Quelles leçons pour la lutte contre le harcèlement pouvons-nous tirer de la stratégie face au Covid-19 ?
Là où l'intimidation faisait partie des 3 sujets les plus discutés, ce n'est plus le cas.
Plus ou moins harcelé ?
Au Centre flamand d'orientation des élèves (CLB), plusieurs employés ont observé une baisse des signalements de harcèlement. La ligne d'assistance Awel a également noté une diminution des conversations sur ce thème, particulièrement pendant les périodes de confinement et les vacances prolongées de novembre. Chez De Kindertelefoon aux Pays-Bas, où le harcèlement figurait autrefois dans le top 3 des sujets abordés, ce n'est plus le cas.
Dans les discussions restantes sur l'intimidation, on observe une nette hausse des cas de cyberharcèlement. Ces échanges ont plus que doublé durant le premier confinement par rapport à l'année précédente. Les enfants ayant davantage de contacts en ligne qu'en personne, le harcèlement s'est déplacé des cours de récréation vers les plateformes numériques. Même après ce premier confinement, les conversations sur le cyberharcèlement ont augmenté de près de 30 %.
Ces chiffres pourraient indiquer que moins d'enfants et d'adolescents sont victimes de harcèlement, grâce à des contacts physiques réduits offrant un répit aux victimes. Cependant, l'idée d'un retour à l'école à long terme peut générer du stress supplémentaire.
Il est aussi possible que le harcèlement n'ait pas diminué en soi, mais qu'il soit éclipsé par d'autres problèmes. Par exemple, les écoles pourraient signaler moins au CLB, priorisant les tests rapides et le traçage des contacts. Seuls les cas graves sont alors traités. Les parents et élèves pourraient aussi se concentrer sur des enjeux post-Covid comme des situations familiales tendues. Cela corrobore les données de De Kindertelefoon : lors du deuxième confinement, les appels sur la dépression, la solitude et le suicide ont explosé, tandis que les sujets légers (amitié, amour, chagrin) ont chuté. Difficile donc d'affirmer une réelle baisse du harcèlement. Ce qui est certain, c'est l'inquiétude pour le bien-être mental des jeunes.
Le nombre de conversations sur des sujets graves comme la dépression, la solitude et le suicide a fortement augmenté.
Seul ensemble
La pandémie offre heureusement une leçon positive. Les campagnes gouvernementales, comme « 1 équipe de 11 millions » en Belgique ou « Ce n'est qu'ensemble que nous vaincrons le coronavirus » aux Pays-Bas, insistent sur l'unité. L'Institut néerlandais de la jeunesse invite à repenser les modèles obsolètes face aux problèmes sociaux persistants.
En Flandre, un élève sur six reste victime de harcèlement, malgré une baisse récente des cas. Saisissons cette opportunité pour unir élèves, enseignants, directions, parents et société contre le harcèlement. Des outils comme les « cartes de discussion antipeste » rappellent les règles collectives. Le lauréat du prix « Intimidation, c'est pas possible ! » illustre comment ancrer une ambiance positive à tous les niveaux de l'école. Ensemble, nous vaincrons le Covid-19 et le harcèlement !
Rédigé par Isabel ten Bokkel, doctorante à la KU Leuven.
Cet article paraît aussi sur opgrownblog.wordpress.com.
En savoir plus ?
kieskleurtegenpesten.be/de-week/
nji.nl Schep ruimte voor een leven meten na corona
schoolenveiligheid.nl Kletskaarten over pesten
ketnet.be Go Vijverbeek wint antipestprijs
Notre actualité est dominée par le coronavirus depuis près d'un an : vaccins, vagues successives... On en oublie presque la Semaine contre l'intimidation. Pour sa 16e édition, le réseau flamand Kies Kleur tegen Pesten met l'accent sur le harcèlement chez les enfants et jeunes. D'où ce blog sur le lien entre ces deux thèmes.
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