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Alcool et santé : bienfaits d'une consommation modérée et risques réels

L'alcool est souvent présenté comme bénéfique pour la santé, mais jusqu'à quel point ? À partir de quand devient-il nocif ?

Une bière fraîche avec un curry indien, un verre de Malbec au barbecue ou un cocktail lors d'une soirée entre amis : rien de mal à savourer un verre, loin des excès caricaturaux comme dans Mad Men. Apprécier l'alcool qui rehausse un repas, une conversation ou une sortie est un plaisir simple. Des études scientifiques confirment que une consommation modérée réduit le risque de maladies cardiaques, d'accidents vasculaires cérébraux, d'ostéoporose et de démence.

Cependant, l'alcool a un revers sombre.

« Si les gens traitent l'alcool comme un médicament en se limitant à un verre par jour ou tous les deux jours, les effets sont positifs. Mais peu y parviennent », explique Jürgen Rehm, professeur de psychiatrie à l'Université de Toronto, chercheur au Centre de toxicomanie et de santé mentale, auteur de plus de 400 études sur l'alcool.

Exemple : un verre par jour en semaine et trois ou quatre le samedi semble modéré. Pourtant, scientifiquement, quatre verres une fois par semaine équivaut à une consommation élevée (cinq verres/jour pour les hommes). On parle aujourd'hui de « consommation élevée » plutôt que d'« alcoolisme périodique ».

Évaluez vos habitudes de consommation

Pourquoi surveiller ses habitudes ? Les buveurs du week-end ont de mauvaises nouvelles : un verre par jour protège le cœur, mais des pics de consommation effacent ces bénéfices.

Nuance importante : quand une étude associe alcool et réduction des maladies cardiaques ou de la démence, ce n'est pas forcément causal. Une étude de 2010 sur 140 000 Français montre que les bienfaits viennent souvent du mode de vie des classes moyennes et aisées (1-3 verres/jour, alimentation saine, sport, liens sociaux). La modération est un marqueur de ce style de vie global.

Une étude américaine sur 2 000 personnes confirme : les modérés vivent plus longtemps que les abstinents, mais le rôle précis de l'alcool reste flou. « Au-delà de deux verres par jour, on dépasse les recommandations, avec risques d'échec, de problèmes alcooliques et d'interactions médicamenteuses », prévient Charles Holahan, professeur à l'Université du Texas à Austin.

Quand l'alcool nuit gravement à la santé

En 2009, une étude britannique sur plus d'un million de femmes a lié 1-2 verres/jour à 13 % des cancers du sein, foie, rectum, nez et gorge. Au Royaume-Uni, 5 000 cas de cancer du sein annuels pourraient être évités sans alcool, selon Naomi Allen, épidémiologiste à l'Université d'Oxford.

L'alcool cause ou contribue à plus de 130 maladies, comme le tabac pour le cancer du poumon. Au Canada et dans les pays industrialisés, c'est le 3e facteur de mortalité, maladie et invalidité (après tabac et hypertension). Selon The Lancet (2010), il est plus dangereux que l'héroïne, le crack ou la méthamphétamine, en incluant impacts sur la santé, la société et les tiers.

Surveillez et ajustez vos habitudes

Évaluez-vous sur checkyourdrinking.net, outil conçu par le Dr Pierre Cunningham du Centre de toxicomanie et de santé mentale avec des experts. Répondez à 18 questions sur votre consommation et recevez un rapport sur 5 niveaux de risque, impacts caloriques et prise de poids.

« La clé du changement varie d'une personne à l'autre », note le Dr Cunningham. Adapter ses habitudes peut transformer votre santé.

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