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Pourquoi le jardinage doit transcender la simple mode pandémique : un atout pour le bien-être durable

Cet article a été initialement publié sur La Conversation.

Au printemps 2020, alors que les confinements étaient mis en place pour freiner la propagation du coronavirus, un engouement mondial pour le jardinage a émergé. Plantes, fleurs, légumes et herbes ont fleuri dans les jardins et sur les balcons à travers le monde.

Les données confirment ce phénomène : une analyse de Google Trends couplée aux statistiques des infections a révélé que, dans les premiers mois de la pandémie de COVID-19, l'intérêt pour le jardinage culminait pays par pays – de l'Italie à l'Inde – au pic des contaminations.

Pourquoi tant de personnes se sont-elles tournées vers la terre en pleine crise ? Quels effets le jardinage a-t-il eu sur elles ?

Dans une étude récente menée avec une équipe de spécialistes en santé environnementale et publique, nous démontrons comment le jardinage est devenu un mécanisme d'adaptation clé au début de la pandémie.

Même avec l'assouplissement des restrictions liées au COVID-19, cette pratique révèle des leçons précieuses pour intégrer le jardinage durablement dans la vie quotidienne.

Saleté, sueur, tranquillité

Pour cette étude, nous avons interrogé plus de 3 700 répondants, principalement aux États-Unis, en Allemagne et en Australie, via un questionnaire en ligne. Le panel incluait jardiniers expérimentés et débutants.

Plus de la moitié des participants se sentaient isolés, anxieux ou déprimés au début de la pandémie. Pourtant, plus de 75 % ont trouvé un immense bénéfice au jardinage durant cette période. Que ce soit en ville ou à la campagne, il était décrit comme un moyen de se détendre, de socialiser, de se reconnecter à la nature ou de rester actif.

Plus de la moitié ont consacré significativement plus de temps au jardinage. Cultiver sa nourriture était apprécié, mais rarement par nécessité financière. La plupart y voyaient un lien communautaire et une activité physique.

Ceux touchés par des difficultés liées au COVID-19 – perte d'emploi, garde d'enfants – passaient davantage de temps à jardiner.

Le jardin comme refuge

L'analyse des réponses ouvertes montre que le jardinage procurait joie, réconfort et harmonie avec la nature, avec des effets thérapeutiques et psychologiques positifs, indépendamment de l'âge ou du lieu.

Pour beaucoup, il est devenu un espace sûr, un refuge des tracas quotidiens. Un jardinier allemand décrivait son jardin comme un sanctuaire où « même les oiseaux semblaient plus bruyants ».

« Le jardinage a été mon salut », témoigne un répondant américain. « Je suis très reconnaissante de m'entourer de beauté comme tampon face aux nouvelles déprimantes de la COVID. »

Un autre Allemand ajoutait : « Notre jardin est devenu notre petit univers sûr dans une période très incertaine et dangereuse. […] Nous avons appris à apprécier la valeur précieuse de 'propre terre, propre refuge'. »

Une ordonnance verte

Tandis que la vie reprend son cours, avec travail et obligations accrus, beaucoup de jardins pandémiques risquent l'abandon. Ce passe-temps né de circonstances uniques passera-t-il à l'arrière-plan ?

J'espère que non. La pandémie a révélé le rôle du jardinage en santé publique : au-delà de la beauté et de la nourriture, il guérit.

Plusieurs pays, comme la Nouvelle-Zélande, le Canada et certains en Europe, prescrivent désormais des « ordonnances vertes » : des recommandations médicales pour passer du temps dehors, reconnaissant les bénéfices prouvés – réduction du stress, meilleur sommeil, mémoire améliorée.

Pour ceux sans jardin ou moyens, améliorer l'accès aux jardins familiaux, espaces verts urbains et jardins communautaires boosterait le bien-être.

Intégrer semis, plantation, élagage et récolte à la routine ouvre des opportunités. « Je n'avais jamais eu le temps auparavant, confie un débutant, mais j'ai trouvé une satisfaction immense à voir pousser les choses. Cela a catalysé d'autres changements positifs dans ma vie. »

Déclaration d'intérêts : Alessandro Ossola reçoit un financement de l'USDA et du CDFA.

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