Le pareiasaure Bunostegos, surnommé "crâne noueux", a vécu pendant des millions d'années dans la région aride et centrale de la Pangée, isolé de ses proches parents des zones plus humides environnantes.

Le climat désertique extrême de la Pangée centrale a favorisé une évolution distincte chez Bunostegos, comme le révèle l'analyse d'un squelette récemment exhumé.
Durant la période permienne, il y a de 299 à 252 millions d'années, la Terre n'abritait qu'un seul supercontinent : la Pangée, dont le centre était un vaste désert. Pourtant, la vie persistait, comme l'attestent des chercheurs dans le Journal of Vertebrate Paleontology (2020). Ils ont découvert les restes d'un habitant de ce désert dans le nord du Niger : le pareiasaurien Bunostegos.
Les pareiasaures étaient de grands reptiles herbivores répandus au Permien moyen et supérieur. Bunostegos se rapproche davantage des formes primitives de pareiasaures que de ses contemporains, signe d'une évolution isolée. Il a probablement survécu dans des poches humides de la Pangée centrale, avec juste assez d'eau pour maintenir une faune et une flore locales. L'isolement climatique, sans échanges avec les régions périphériques plus verdoyantes, explique cette divergence évolutive. Des fossiles antérieurs indiquent que les autres pareiasaures interagissaient régulièrement hors du désert.
Bunostegos se distinguait par ses impressionnants bossellements crâniens, les plus grands jamais observés chez les pareiasaures (son nom signifie précisément "crâne noueux"). "Nous ne le savons pas avec certitude, mais les bosses osseuses sur les crânes des pareiasaures n'avaient probablement pas de fonction protectrice", explique la paléontologue Linda Tsuji, de l'Université de Washington à Seattle. "Elles variaient grandement en taille et en forme entre espèces – certaines en étaient presque dépourvues –, ce qui suggère un rôle décoratif, utile pour la reconnaissance des congénères et la distinction des autres espèces."
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