Une étude sur des anomalies anatomiques d'os datant de 9 000 ans révèle que les premiers agriculteurs pratiquaient la consanguinité, probablement pour consolider les liens familiaux.

Des anomalies anatomiques sur des os vieux de 9 000 ans indiquent une consanguinité chez les premiers agriculteurs, peut-être intentionnelle pour renforcer les liens familiaux.
La révolution néolithique, marquant le passage des chasseurs-cueilleurs nomades à une vie sédentaire d'agriculteurs et d'éleveurs, a ancré les populations à un territoire fixe. Contrairement aux groupes mobiles qui pouvaient migrer en cas de difficultés, les sédentaires devaient maintenir la cohésion sociale. L'anthropologue Kurt Alt, de l'Université de Mayence, identifie la consanguinité comme ce "ciment social".
Sur le site archéologique de Basta en Jordanie, une ancienne communauté agricole, Alt a analysé les anomalies dentaires et mandibulaires de 28 squelettes. Chez dix d'entre eux (dont la mâchoire supérieure était préservée), une anomalie génétique rare se manifestait : l'absence d'incisives latérales supérieures, normalement observée chez seulement 4 % des individus.
Compte tenu de l'absence d'isolement géographique du site, l'expert conclut à un choix délibéré : éviter les unions avec des "étrangers" pour préserver les liens familiaux. Ces pratiques étaient essentielles à la stabilisation du mode de vie agricole. L'étude a été publiée dans la revue PLOS ONE en 2020.
[]