De nouvelles analyses confirment que Ötzi n'est pas mort d'une pointe de flèche dans l'épaule, mais d'un violent coup à la tête.

Découvert en 1991, Ötzi, la momie la plus ancienne du monde, fascine par son état de conservation exceptionnel et les mystères de sa mort. Surnommé "Frozen Fritz", il continue d'intriguer les scientifiques. Les dernières recherches révèlent que ce n'est pas une pointe de flèche qui a scellé son destin, mais un traumatisme crânien.
En 1991, des randonneurs ont trouvé un corps momifié à 3 200 mètres d'altitude dans les Alpes italiennes, dans la vallée de l'Ötztal – d'où son nom. Initialement pris pour un alpiniste récent, il s'est avéré être un homme de l'âge du cuivre, vieux de plus de 5 300 ans. Grâce au froid extrême, ses vêtements, outils et son corps sont remarquablement préservés, offrant un aperçu unique de la préhistoire.
On pensait d'abord qu'Ötzi était victime d'hypothermie lors d'une tempête. Mais en 2001, une pointe de flèche de silex est découverte dans son épaule gauche, sectionnant une artère. D'autres blessures émergent : coupure à la main, côtes cassées et lésions crâniennes. Une analyse pollinique montre qu'il a rebroussé chemin vers les sommets depuis la vallée.
Traumatisme crânien fatal
L'hypothèse d'une mort violente s'impose, bien que contestée par certains. Une étude récente publiée dans Cellular and Molecular Life Sciences, menée par l'Académie européenne de Bolzano et l'Université de Kiel, analyse des protéines de tissu cérébral. Des caillots sanguins confirment un hémorragie cérébrale due à un choc à l'arrière du crâne, survenu peu avant la mort. Remarquées en 2007, ces lésions noires n'avaient pas été approfondies jusqu'alors.
Scénarios multiples
Ces découvertes élucidant la cause du décès laissent les circonstances ouvertes à spéculation. Chasse accidentelle ? Fuite devant un ennemi ? Punition pour un crime ? La pointe de flèche suggère une fuite, et son refuge isolé renforce l'idée d'une poursuite. La thèse d'un agresseur domine : Ötzi descendait des hauteurs quand un événement l'a forcé à remonter. Près de son corps, arc et flèches inachevées indiquent qu'il se réarmait en vain. Ses assaillants l'auraient achevé, retirant peut-être la hampe de la flèche. D'autres y voient un rituel.
Toutes ses possessions, dont une précieuse hache en cuivre, sont intactes. Rituel d'adieu ou meurtre froid ? Les théories foisonnent.
Quoi qu'il en soit, Ötzi n'a pas survécu longtemps. Des études dans Nature Communications révèlent artériosclérose héréditaire et maladie de Lyme, aggravant son état.
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