La recherche génétique sur les escargots révèle leur itinéraire de migration vers l'Irlande.

L'origine de la flore et de la faune irlandaises reste en partie mystérieuse. Certaines espèces ne se trouvent qu'en Irlande et dans la péninsule ibérique, sans explication définitive jusqu'à présent. Les analyses génétiques apportent désormais des réponses claires.
Des chercheurs de l'Université de Nottingham ont étudié l'escargot de jardin européen commun, Cepaea nemoralis. Une variante rare de cette espèce existe uniquement sur la côte ouest irlandaise et dans les Pyrénées. Les spécimens des deux régions sont génétiquement quasi identiques et présentent le même motif distinctif sur leur coquille.
Des fossiles confirment la présence continue de cette espèce en Irlande depuis au moins 8 000 ans. Si elle avait colonisé l'île naturellement, on en retrouverait des traces le long du trajet. L'absence de telles preuves indique une intervention humaine probable. Au Mésolithique, la consommation – et peut-être l'élevage – d'escargots était courante dans les Pyrénées. Ces mollusques ont vraisemblablement voyagé, intentionnellement comme nourriture ou par accident, avec des migrants du sud de la France vers l'Irlande. Cette "piste des escargots" éclaire aussi la colonisation humaine de l'île. L'étude est publiée dans PLOS ONE (2020).
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