L'animal de compagnie exotique était initialement réservé aux riches, mais a rapidement conquis toutes les classes sociales.

Les explorateurs espagnols ont introduit le cobaye d'Amérique du Sud en Europe au XVIe siècle. Cet animal exotique, d'abord prisé des élites, s'est vite démocratisé.
L'archéozoologue Fabienne Pigière, de l'Institut royal des Sciences naturelles de Belgique, a analysé des restes squelettiques d'un cobaye découverts dans le comblement d'une cave du XVIe siècle à Mons. Cette maison bourgeoise suggère que le cobaye n'était pas exclusif à l'aristocratie.
Il s'agit de la première découverte archéologique européenne dont l'âge est précisément daté, grâce au contexte stratigraphique et à la datation au radiocarbone des ossements. Les restes, intacts sans traces de découpe, indiquent que le cobaye était un animal de compagnie exotique, non destiné à la consommation.
Les Espagnols ont importé des cobayes domestiques aux couleurs vives, non sauvages. En Amérique du Sud, ces rongeurs vivent à l'état sauvage mais ont été domestiqués tôt par les Amérindiens, servant de nourriture et de sacrifice rituel.
Le cobaye apparaît aussi dans des peintures de l'époque, comme « Les animaux s'embarquent dans l'arche de Noé » et « Le paradis terrestre avec la chute d'Adam et Ève », toutes deux de Jan Brueghel l'Ancien.
Les résultats de cette étude ont été publiés dans le Journal of Archaeological Science.