Macareux, alouettes et autres oiseaux chanteurs, têtes de sangliers... Une collection de menus anglais du XVIIIe siècle révèle l'audace culinaire de la cour d'Angleterre.

Contrairement à l'idée reçue que l'intérêt pour la cuisine est une passion moderne, boostée par les émissions télévisées et les livres de recettes, une collection de menus royaux anglais du XVIIIe siècle démontre que l'expérimentation gastronomique était déjà florissante à la cour d'Angleterre.
Macareux, alouettes et autres oiseaux chanteurs, têtes de sangliers : ces ingrédients exotiques et inhabituels ornaient les tables opulentes de la cour royale au XVIIIe siècle. Cette découverte provient d'une série de menus acquis aux enchères la semaine dernière par Historic Royal Palaces, une organisation dédiée à la préservation et à la diffusion du patrimoine royal britannique. Datés de 1736 et 1737, ces documents détaillent jour après jour les repas servis à la cour du roi George II.
Le roi George II n'hésitait pas à innover en matière culinaire. Ces choix audacieux visaient à affirmer le statut social : plus les plats étaient exotiques, plus l'hôte faisait étalage de sa richesse. La tête de sanglier illustre le principe de l'époque de ne rien gaspiller, en consommant l'animal de la tête aux pieds.
Les menus regorgent d'autres trésors historiques. L'ananas frais y figure déjà, importé des premières serres londoniennes. Le thé, aujourd'hui emblème britannique, n'apparaît qu'une seule fois.
Envie d'en savoir plus sur les habitudes alimentaires à travers les âges ? Le mémo n°9, dédié à ce thème, paraîtra début mars.