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La patte du dernier loup flamand ? Une découverte exceptionnelle au STAM de Gand

Contrairement aux derniers spécimens ardennais, aucun loup flamand empaillé, ni peau ni crâne, n'était connu jusqu'ici. Ou du moins, le croyait-on.

Le STAM, musée municipal de Gand, existe presque aussi longtemps que la ville elle-même. Son prédécesseur a ouvert ses portes en 1833. Une institution si ancienne recèle parfois des trésors oubliés dans ses réserves. Lors d'un récent réaménagement des collections, un employé a découvert une boîte contenant une patte d'animal momifiée. La peau noire et séchée, ornée de griffes, avait fière allure. Sans étiquette d'inventaire, les archives ont révélé une "jambe de léopard" acquise en 1848, peu après la fondation du musée. Provenait-elle de la vente aux enchères de la collection Versturme-Roegiers en 1847 ? Et d'où tenait-elle ce prédateur exotique ?

Une enquête approfondie a été menée par les experts du STAM. Une radiographie a écarté tout faux : les os, intacts, évoquent une patte avant droite de loup ou de grand chien sauvage. L'analyse ADN a confirmé une ascendance lupine, proche des loups du sud de l'Europe, sans exclure un croisement canin. Il s'agissait bel et bien d'une patte de loup, non de léopard.

Le catalogue de la vente de 1847 décrivait cet objet comme "la patte d'un lion ou d'un tigre", provenant de la porte du Gravensteen. Acquis pour le musée naissant, il y figure sous le nom de "léopard", mais l'origine est claire. Les collectionneurs comme Pierre Joseph Versturme-Roegiers, érudit gantois décédé en 1847, amassaient des curiosités variées.

Cette provenance intrigue : clouée à la porte du Gravensteen, château comtal puis tribunal, la patte servait de trophée. À l'époque, des primes récompensaient la chasse aux loups, contre présentation d'une patte avant droite – inimitable. Exposées publiquement pour décourager les prédateurs, ces preuves marquaient le succès des campagnes d'éradication.

Dans la juridiction gantoise, les dernières primes loup datent de 1736 (Knesselare). Pourtant, le catalogue précise l'origine du Gravensteen. La patte, endommagée au milieu comme par un clou, résista-t-elle un siècle aux intempéries ? Une datation au radiocarbone a tranché : l'animal est mort vers 1700 (± marge d'erreur), coïncidant potentiellement avec le dernier loup primé au château.

Aujourd'hui, des loups migrent depuis l'Est vers la Flandre. Leur ancêtre ultime repose au STAM : gage d'un passé apaisé, espérons-le.

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