Dracula évoque une région mythique de Roumanie. Pourtant, il y a environ 800 ans, de nombreux Flamands s'y étaient installés.

Dracula, surnom du prince Vlad III de Valachie (1431-1476), est né à Sighișoara, dans l'actuel centre de la Roumanie. Des personnes d'origine flamande y vivaient déjà. Cela transparaît dans les toponymes comme Bărabant (Brabant), zu Nösen (Terneuzen), Tschippendorf ('t Schippersdorp), et des mots tels que « fleandura » (un « manteau fort ») ou « sprenghuist » (sauterelle). Le nom de Sighișoara pourrait même évoquer le Schaesberg néerlandais, « schaes » signifiant « colline escarpée », ce qui correspond à sa topographie.
Les recherches historiques sur la migration des Néerlandais vers l'Est identifient deux théories principales. La première repose sur l'invitation du roi hongrois Géza II (1130-1162), qui appela des colons des Pays-Bas pour protéger les frontières sud de son empire, étendu ensuite à la Transylvanie. Ils reçurent des terres royales, le Königsboden. Selon l'historien germano-transylvanien Karl Kurt Klein (1897-1971), environ 2 500 Flamands participèrent à cette vague initiale.
Une seconde hypothèse voit ces colons comme des survivants de croisades préliminaires mal organisées, refoulés par les Bulgares ou Byzantins au-delà du Danube, puis relogés dans les Carpates et la Transylvanie.
Des événements dramatiques ont presque effacé leurs traces visibles. Pourtant, le généticien roumain Dan Draghici a découvert dans son ADN des liens avec les Belges et Néerlandais – un « fils perdu » retrouvé, peut-être même chez Vlad Dracula.
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