Le secteur de l'archéologie flamande connaît un essor spectaculaire grâce à la nouvelle réglementation. Les constructeurs craignent même une pénurie d'experts.

Depuis janvier 2016, de nouvelles règles protègent le patrimoine archéologique en Flandre. Elles concernent les projets dans les centres historiques et les nouveaux lotissements. L'innovation clé : une note archéologique obligatoire, commandée par le client auprès d'un archéologue agréé et jointe à la demande de permis de construire.
Concrètement, l'archéologue évalue le potentiel du site et les mesures à prendre pour les vestiges éventuels. Cette facture protège le client contre les imprévus, comme l'apparition d'artefacts lors des fouilles, qui pourraient arrêter les travaux indéfiniment. Une version actualisée du mémorandum, en vigueur depuis janvier dernier, réduit les formalités administratives et accélère les procédures.
Ces mesures relancent le secteur. « Auparavant, le gouvernement établissait ces recommandations. Désormais, des entreprises agréées le font. Cette évolution génère plus de travail pour nous », explique Caroline Ryssaert, membre du conseil d'administration de la VONA (fédération des entrepreneurs flamands en archéologie). « En 2015, 200 personnes travaillaient à temps plein. Aujourd'hui, nous estimons ce chiffre à 250-275, une hausse significative. »
Une pénurie d'archéologues menace désormais. Les clients commandent 300 à 400 investigations préliminaires par mois, avec des délais d'attente de semaines, voire mois. « Certains archéologues revenus après une période d'inactivité comblent les besoins, mais la demande explose », nuance Ryssaert.