La mortalité massive causée par la Peste Noire au XIVe siècle s'explique davantage par le mauvais état de santé général de la population que par la seule virulence de la bactérie Yersinia pestis.

Cette conclusion émane de Sharon DeWitte, chercheuse à l'Université de South Carolina, publiée dans l'American Journal of Physical Anthropology.
La Peste Noire, entre 1347 et 1351, a décimé environ 60 % de la population européenne. Traditionnellement attribuée à la puissance de Yersinia pestis, cette épidémie aurait été amplifiée par la fragilité sanitaire des contemporains, selon DeWitte.
En analysant les squelettes de 597 individus des XIe, XIIe et XIIIe siècles, la chercheuse a observé des espérances de vie en baisse au XIIIe siècle et une mortalité croissante avant la Peste. Ces signes traduisent une santé publique dégradée, liée à la famine et aux maladies chroniques.
Cette hypothèse est étayée par les épidémies de peste du XXe siècle, causées par la même bactérie mais bien moins létales. Toutefois, des historiens nuancent : même les élites en bonne santé ont été touchées, comme l'atteste un historien anglais.
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