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La Niña peut-elle prédire les pandémies de grippe ? Une étude américaine fait débat

La Niña influence les schémas de migration des oiseaux migrateurs, considérés comme des réservoirs naturels de virus grippaux. La Niña peut-elle prédire les pandémies de grippe ? Une étude américaine fait débat

Selon des chercheurs américains publiés dans PNAS, ce phénomène climatique pourrait signaler l'approche d'une épidémie mondiale de grippe.

Les pandémies grippales, survenant tous les 10 à 50 ans, ont marqué l'Histoire : la grippe espagnole après la Première Guerre mondiale (millions de morts), la grippe asiatique (1957), celle de Hong Kong (1968) et la grippe porcine (2009), chacune causant des centaines de milliers de victimes.

Prédire ces événements reste complexe. Les virus grippaux émergent souvent des oiseaux, passant parfois à d'autres animaux ou à l'humain. Les scientifiques relient désormais ces pandémies à La Niña, caractérisée par un refroidissement des eaux océaniques équatoriales près du Pérou. Les grandes pandémies de 1917, 1957, 1968 et 2009 ont toutes été précédées de ce phénomène.

Des études antérieures montrent que La Niña modifie les migrations aviaires : les oiseaux effectuent plus d'escales, augmentant les contacts inter-espèces. Cela favorise les échanges génétiques entre virus grippaux, créant de potentiellement dangereuses variantes transmissibles aux animaux domestiques ou à l'homme.

"Hypothèse intéressante, mais je reste sceptique", tempère le virologue Marc Van Ranst. "Prédire rétrospectivement est aisé ; prouvons-le pour une future pandémie. Nous peinons déjà à anticiper la grippe saisonnière hivernale." (ks)

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