Le mathématicien belge Jean Bourgain a reçu le prestigieux Breakthrough Prize, une distinction majeure récompensant ses contributions exceptionnelles aux mathématiques.
Considéré comme un "Prix Nobel alternatif", le Breakthrough Prize a été fondé par Sergey Brin (cofondateur de Google), Mark Zuckerberg (cofondateur de Facebook) et d'autres philanthropes pour honorer des avancées scientifiques remarquables. Jean Bourgain est primé pour ses travaux révolutionnaires en théorie des nombres et en équations aux dérivées partielles.
Né en 1954 à Ostende, fils de médecins renommés, Jean Bourgain a manifesté tardivement son talent. Découvert à 15 ans par son professeur Emile van Outryve à l'athénée d'Ostende, il obtient son doctorat à la Vrije Universiteit Brussel (VUB) à seulement 23 ans, en un an.
Son ascension est fulgurante : Prix Salem (1983), Prix Damry-Deleeuw-Bourlart (1985), Prix Langevin (1985), Prix Cartan (1990), Prix Ostrowski (1991), Médaille Fields (1994, équivalent Nobel des maths), Prix Shaw (2010) et Prix Crafoord (2012).
Professeur à l'ULB dès 1981, il rejoint ensuite l'IHES (France), l'Université de l'Illinois (États-Unis), puis l'Institute for Advanced Study (IAS) de Princeton en 1994, sur "Einstein Drive". À l'IAS, il dirige le département de mathématiques depuis 2002, aux côtés de figures comme Pierre Deligne.
Pour Bourgain, les mathématiques exigent un labeur intense, loin des idées de jeu. Son parcours débute avec les espaces de Banach, revitalisant un domaine polonais des années 1920. Dans les années 1980, il démontre des résultats clés en compression de données et géométrie des espaces euclidiens de haute dimension, prouvant l'inégalité de Mahler avec Vitali Milman.
Bourgain excelle en théorie ergodique, étudiant les systèmes dynamiques préservant une mesure invariante, comme les équations de Kepler en mécanique céleste. Ses travaux éclairent la stabilité planétaire, les résonances et les équations de Schrödinger en mécanique quantique (lasers, etc.). Il identifie la mesure de Gibbs comme invariante.
À l'avenir, les opérateurs de Schrödinger domineront ses recherches, comme en témoigne son ouvrage chez Princeton University Press. Il explore aussi les suites arithmétiques en théorie additive des nombres, prouvant en 1990 l'existence de progressions de longueur liée au logarithme naturel.
Cette biographie a initialement été publiée dans le magazine Eos, n°3 (2006).
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