Des chercheurs suisses se sont inspirés de la nature pour recréer l'organe électrique de l'anguille électrique, une prouesse de biomimétisme.

L'anguille électrique (Electrophorus electricus), poisson d'eau douce d'Amérique du Sud, ne doit pas son nom au hasard. Pour capturer ses proies, elle génère des chocs électriques allant jusqu'à 1 ampère et 600 volts, potentiellement mortels même pour l'homme. En nageant, elle recharge ses "batteries" internes.
Ses électro-organes incarnent des piles biologiques idéales : flexibles, souples, résistantes à l'eau et parfaitement biocompatibles, des qualités absentes des batteries artificielles classiques.
Ces propriétés séduisent les scientifiques pour développer des batteries destinées aux stimulateurs cardiaques, implants, biocapteurs et robots. Les experts suisses ont ainsi reproduit cet organe électrique à l'aide de membranes ultrafines en hydrogel, une matrice polymère composée presque entièrement d'eau.
Cet électro-organe artificiel produit des tensions jusqu'à 110 volts et une puissance de 27 milliwatts par mètre carré de membrane. Des centaines ou milliers de ces membranes peuvent être empilées, permettant des batteries ultra-compactes. L'hydrogel génère un courant ionique par pliage et dépliage des membranes.
La force de ce prototype réside dans sa biocompatibilité totale, le rendant parfait pour les implants médicaux ou robots hybrides, et potentiellement pour les appareils portables de demain.