Des scientifiques de l'Institut Alfred Wegener publient les résultats d'une expérience à grande échelle sur la fertilisation au fer dans l'océan Austral.

Expérience de fertilisation au fer : plus de la moitié du carbone algal stocké au fond marin.
En février 2004, des chercheurs de l'Institut allemand Alfred Wegener ont enrichi une zone de 150 km² dans l'océan Austral en sulfate ferreux. Cela a stimulé une prolifération massive d'algues, dont plus de la moitié a coulé à plus de 1 000 mètres de profondeur, séquestrant le carbone de leur biomasse dans les sédiments marins. Ces résultats sont publiés dans la revue Nature.
La fertilisation océanique au fer est une technique de géo-ingénierie proposée pour atténuer le changement climatique. Les algues, comme les plantes, absorbent le CO₂ atmosphérique pour croître, mais le fer, essentiel à leur développement, est souvent déficient en mer.
La communauté algale était dominée par des diatomées, algues à coque siliceuse formant des agrégats qui sombrent rapidement après leur mort.
Une expérience précédente avait échoué en raison d'un manque de silicium, favorisant des algues herbivores plutôt que sédimentaires. Cette étude révèle comment les réponses biologiques varient selon les conditions.
Bien que controversées, ces expériences montrent que la fertilisation au fer ne peut compenser qu'une faible fraction des émissions annuelles de CO₂. Stefan Hain, porte-parole de l'Institut, insiste : « La réduction des émissions reste prioritaire. Toute utilisation complémentaire nécessite des recherches approfondies sur les impacts et risques. » (ddc)