La radioactivité libérée lors de la catastrophe nucléaire de Fukushima pourrait entraîner 15 à 1 100 décès supplémentaires par cancer, 130 étant l'estimation la plus probable.

Des scientifiques de l'université de Stanford ont calculé que la radioactivité libérée par la catastrophe nucléaire de Fukushima au Japon pourrait causer 15 à 1 100 décès supplémentaires dus au cancer, avec 130 comme estimation la plus probable.
Les chercheurs ont utilisé des modèles atmosphériques pour simuler la dispersion des matières radioactives, combinés à des modèles prédisant les effets sur la santé en fonction de l'exposition. L'ampleur de la marge d'incertitude s'explique par les incertitudes sur les doses exactes reçues par les populations et sur les effets d'une dose donnée.
"En général, on sait que la radioactivité est le principal effet sur la santé en termes de cancer", explique Karina De Beule de l'Agence fédérale de contrôle nucléaire (AFCN). "Avec des doses élevées, les effets sont clairs. Pour les faibles doses, sur lesquelles l'AFCN travaille activement, les connaissances progressent, mais il reste difficile d'établir un lien sans ambiguïté. Nous supposons qu'une exposition à 1 millisievert augmente le risque de cancer – de 30 % pour le Belge moyen – de 0,01 %."
Selon les chercheurs, ces résultats réfutent l'idée que l'accident de Fukushima n'aura aucune conséquence sanitaire grave, tout en modérant les craintes d'un impact mondial : la plupart des décès (94) sont attendus au Japon. En Europe, un seul décès supplémentaire par cancer est prévu (0,89).
Par ailleurs, seuls 19 % des matières radioactives libérées se sont déposées sur terre. "La majeure partie de la radioactivité s'est retrouvée dans l'océan Pacifique", déclare le chercheur Mark Jacobson. D'autres conditions météorologiques auraient pu causer bien plus de dommages, notamment au Japon et en Asie.