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Croissance accélérée de la mousse australe : preuve irréfutable du réchauffement en Antarctique

La mousse la plus méridionale au monde démontre sans ambiguïté l'impact majeur du réchauffement climatique sur les écosystèmes polaires.

Croissance accélérée de la mousse australe : preuve irréfutable du réchauffement en Antarctique

La mousse la plus méridionale du monde confirme l'impact direct du réchauffement climatique sur les écosystèmes polaires.

La péninsule antarctique, ce « tentacule » du pôle Sud s'étendant en croissant vers le Chili et l'Argentine, est particulièrement vulnérable au réchauffement. Avec l'Arctique, c'est la région terrestre qui se réchauffe le plus vite. Depuis les années 1950, la température moyenne annuelle y a augmenté de 0,56 °C par décennie.

Au cours des deux dernières décennies, les scientifiques ont documenté les effets de cette hausse sur la faune et la flore locales. Cependant, ces études couvraient des échelles temporelles courtes comparées aux données météorologiques fiables sur six décennies. Les preuves biologiques de l'impact climatique restaient donc limitées.

Des chercheurs du British Antarctic Survey apportent aujourd'hui des preuves claires. À partir d'échantillons de mousses et de bactéries du sol de la péninsule antarctique, ils ont reconstruit la croissance végétale et l'activité microbienne sur 150 ans. Cette mousse, la plus australe de la planète, pousse sur l'île Alexandre – la plus grande de l'Antarctique – depuis 1860, durant les printemps et étés polaires. En dessous, des micro-organismes comme les amibes coexistent en symbiose.

Les analyses révèlent une croissance de la mousse et une activité microbienne en forte hausse depuis les années 1960, corrélée à l'élévation des températures. Stagnation récente

Selon les experts, ces écosystèmes polaires sont extrêmement sensibles aux moindres variations de température et de précipitations estivales. Fait notable : la croissance et l'activité ont stagné ces dix dernières années, un phénomène inexpliqué jusqu'ici. Ces résultats paraissent dans Current Biology.

Ce « ralentissement » évoque une fuite du 5e rapport d'évaluation (AR5) du GIEC, publié en septembre 2013. Il notait une hausse plus lente des températures mondiales depuis 1998, attribuée à des variations naturelles, une absorption accrue de chaleur par les océans et une sensibilité moindre au CO2.

Ce point intéresse les climatosceptiques, qui contestent les scénarios extrêmes du GIEC (comme +6 °C d'ici 2100). La plupart admettent désormais le réchauffement et son origine humaine, mais minimisent ses conséquences : « Tout ira bien », affirment-ils.

Le GIEC a clarifié que cette explication était un projet non finalisé, devant être révisé dans l'AR5 définitif.

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