Recherchez des images de la pollution des océans et vous verrez des îlots de plastiques comme des gobelets, sacs et objets à usage unique. Mais les microfibres issues de nos vêtements s'accumulent aussi dans l'environnement, particulièrement dans les océans et eaux douces. Un rapport de 2016 révèle leur présence dans l'eau potable, les poissons et la vie marine. Une étude de 2021 a détecté des microfibres dans l'estomac d'un poisson des abysses de l'Atlantique Sud, illustrant l'ampleur mondiale de ce fléau.
Plus de 70 % des textiles aux États-Unis finissent en décharge ou incinérés, sans recyclage. Les fibres libérées par les lavages ou décharges polluent les cours d'eau.
Les tissus durables offrent une alternative. Lenzing, producteur autrichien de fibres écoresponsables, a développé TENCEL™ à partir de bois de forêts gérées durablement. Ce matériau végétal est compostable et retourne à l'écosystème en fin de vie.
"Nous utilisons du bois de sylviculture durable avec un procédé efficace pour produire des fibres biodégradables", déclare Robert van de Kerkhof, membre du conseil d'administration de Lenzing Group. "Les industries textile et non-tissée doivent évoluer. Notre but : sensibiliser à la pollution plastique."
La biodégradabilité rapide de TENCEL™ est clé contre les déchets océaniques. Des chercheurs de la Scripps Institution of Oceanography (UC San Diego) ont testé ces fibres en octobre, confirmant leur décomposition rapide en mer.
Des vêtements en polyester immergés plus de 200 jours n'ont montré aucune biodégradation, se fragmentant en microfibres plastiques.
"Les plastiques se décomposent en morceaux minuscules sur des décennies ou siècles", notent les auteurs.
À l'inverse, TENCEL™ a présenté un biofilm et une dégradation après 21 jours en eau de mer, sans microfibres, se décomposant entièrement en mois.
Les chercheurs notent que le plastique recyclé est une solution temporaire, mais son introduction continue aggrave les microfibres, polluant l'eau et nuisant à la faune marine.
"Les impacts des microfibres cumulées surpassent souvent ceux des objets plastiques initiaux", concluent-ils.
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