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Un système innovant de recyclage des EPI COVID-19 pour préserver l'environnement des décharges

Les déchets issus des équipements de protection individuelle (EPI) contre la COVID-19 représentent un défi environnemental majeur. À la fin de l'année dernière, les estimations chiffraient les déchets plastiques liés à la pandémie à environ 8 millions de tonnes, dont 25 000 tonnes rejetées dans les océans. Ce volume s'explique en partie par le manque de clarté sur le recyclage des EPI, des plastiques aux masques réutilisables en tissu. Résultat : ces protections essentielles finissent trop souvent en décharge.

Cette situation exerce une pression intense sur l'environnement. Or, dans une pandémie en évolution constante, prioriser la protection humaine, notamment des soignants, prime. Avec la variante Omicron, les masques en tissu réutilisables ne suffisent pas toujours à eux seuls.

"Il est absolument vital de fournir aux agents de santé le bon EPI", déclare Michael Ryan, directeur exécutif du programme de gestion des urgences sanitaires de l'OMS, dans un communiqué récent. "Mais il est également vital de s'assurer qu'il peut être utilisé en toute sécurité sans impact sur l'environnement." Avant même la COVID-19, 30 % des systèmes de santé (et le double dans les pays en développement) n'étaient pas préparés à la gestion des déchets produits, selon l'OMS. Une crise prolongée aggrave ce problème.

L'incinération, utilisée pour stériliser et éliminer les EPI usagés, génère des émissions importantes de CO2 et autres polluants lors de la combustion des plastiques.

Des chercheurs de l'université Cornell proposent une solution innovante pour recycler ces déchets et en tirer profit. Leur approche, publiée dans Renewable and Sustainable Energy Reviews, vise à transformer ces plastiques en ressources utiles.

"Ces déchets ne sont pas inutiles : ce sont des plastiques, des matériaux que nous pouvons convertir", explique Fengqi You, professeur de génie chimique et biomoléculaire à Cornell. "Il y a donc une opportunité chimique à exploiter."

Pour l'État de New York, le processus se décompose en deux étapes simples. D'abord, collecter les EPI des hôpitaux vers des centres de traitement et décontamination (un dans le Suffolk et un dans le comté de New York). Là, ils sont stérilisés et broyés en petits fragments.

Ces fragments sont ensuite envoyés dans une usine de pyrolyse, qui chauffe la matière organique sans oxygène pour produire des composés utiles comme l'éthylène, le propylène, le propane, le butane, le benzène, le toluène et le soufre.

Le coût optimal pour l'État : environ 4 millions de dollars. À titre de comparaison, le département de l'assainissement de New York a dépensé 2 milliards en 2020. Les bénéfices : réduction de 31,5 % de la consommation de combustibles fossiles et de 35,04 % des émissions de gaz à effet de serre par rapport à l'incinération. Par ailleurs, 41,52 % et 47,64 % d'espace au sol en moins versus enfouissement et incinération. "Quelques millions par an résolvent le problème pour tout l'État", ajoute You.

Alors que la pandémie persiste et que les besoins en masques protecteurs augmentent, chaque initiative compte pour minimiser l'empreinte écologique de la COVID-19.


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