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Le transport alimentaire représente un cinquième des émissions de carbone du système alimentaire mondial

Nous dépendons des supermarchés pour accéder à des produits du monde entier, toute l'année. Si les avocats d'hiver sur la côte Est sont un régal, ils ont un coût pour la planète.

Une nouvelle étude publiée dans Nature Food révèle que les kilomètres alimentaires – la distance entre la production et votre assiette – génèrent une empreinte carbone bien plus élevée qu'estimé auparavant. Ce transport représente environ 19 % des émissions liées à l'alimentation, soit 3 gigatonnes d'équivalent CO₂, de 3,5 à 7,5 fois plus que les chiffres précédents. Cela équivaut à la moitié des émissions directes des véhicules routiers.

Ces résultats sont cruciaux pour les pays riches aux rayons bien garnis. L'étude analyse 74 pays, 37 secteurs (bétail, légumes...), distances et volumes. Chine, Inde et États-Unis dominent, mais les petits pays riches ont un impact par habitant élevé : États-Unis, France, Allemagne et Japon représentent 12 % de la population mondiale, mais près de la moitié des émissions de transport alimentaire.

"L'attention se portait sur les émissions des produits animaux versus végétaux", explique David Raubenheimer, co-auteur et écologiste nutritionnel à l'Université de Sydney. La viande émet beaucoup (études 2018 : 20 % des Américains causent la moitié des émissions alimentaires), mais les fruits et légumes hors saison, expédiés loin, sont un dilemme majeur.

Le transport de fruits et légumes cause 36 % des émissions des kilomètres alimentaires (plus d'1 milliard de tonnes CO₂e), doublant celles de leur production, dû à la réfrigération intensive. La viande émet 3 milliards de tonnes en production, mais seulement 100 millions en transport.

Plus de la moitié des émissions vient du transport domestique, pas international. Même une banane "cultivée aux États-Unis" accumule des kilomètres.

La solution ? Privilégiez les produits de saison et locaux. "L'habitude des aliments hors saison dans les pays riches augmente les émissions. Manger local, comme nos ancêtres, protège la planète", déclare Manfred Lenzen, co-auteur à l'Université de Sydney.

Des outils aident : en Géorgie, cantaloups, pêches et courgettes ; en Oregon, rhubarbe, endives et pommes. Manger local réduirait les émissions d'un tiers de gigatonne. Pour le reste, optez pour des transports propres et réfrigérants naturels.

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