Le satellite Kepler a détecté une étoile exceptionnelle : KIC 8462852, distante d'environ 1 500 années-lumières, dont la luminosité chute parfois de manière drastique. Mais par quoi est-elle obscurcie ?

Dans les vastes données du télescope spatial Kepler de la NASA, l'étoile KIC 8462852 se distingue par un comportement atypique. Située à environ 1 500 années-lumières, elle est parfois obscurcie à plus de 80 %, posant une énigme aux scientifiques : comètes, poussières ou autre chose ?
Conçu pour repérer les transits planétaires – ces passages devant leur étoile hôte qui provoquent des baisses régulières de luminosité –, Kepler a permis la découverte de plus d'un millier d'exoplanètes. Mais il observe aussi les taches stellaires, les variations intrinsèques des étoiles et les disques de débris circumstellaires.
En 2011, des astronomes amateurs, analysant ces données, ont repéré une courbe de lumière irrégulière pour KIC 8462852, indiquant une masse importante de matière en orbite, formant un essaim compact. Chez une jeune étoile, un disque protoplanétaire dense serait plausible, mais KIC 8462852 est mature. De plus, l'absence de rayonnement infrarouge excessif écarte un disque de poussière classique.
Dans un article soumis à Monthly Notices of the Royal Astronomical Society (MNRAS), les chercheurs évoquent un nuage de comètes fragmentées comme explication principale. Cependant, cette hypothèse reste fragile face à l'ampleur des occultations.
D'autres pistes naturelles sont explorées, mais l'idée d'une origine artificielle fascine : un essaim de structures, comme des panneaux solaires géants (essaim de Dyson), œuvre d'une civilisation avancée ? L'astronome Jason Wright de Penn State University prépare un papier sur cette théorie spéculative et propose d'observer l'étoile avec un radiotélescope pour détecter d'éventuels signaux radio. Ces observations pourraient débuter dès janvier.
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