Les astronomes ont détecté des planètes gazeuses massives orbitant autour d'étoiles naissantes. Ces découvertes éclairent l'évolution des systèmes planétaires.

Des astronomes ont identifié des planètes gazeuses massives en orbite autour d'étoiles jeunes. Publiées en ligne aujourd'hui dans la revue scientifique britannique Nature, ces observations apportent un éclairage inédit sur l'évolution des systèmes planétaires.
Les "Jupiters chauds" sont de vastes planètes gazeuses, semblables à Jupiter dans notre système solaire, mais orbitant très près de leur étoile hôte, ce qui leur confère des températures extrêmes. Selon les modèles actuels, de telles géantes gazeuses ne peuvent se former si proche d'une étoile. Elles naîtraient donc plus loin, avant de migrer vers l'intérieur.
Cette migration s'opère par deux mécanismes principaux : la friction avec un disque résiduel de gaz et de poussières autour de l'étoile, ou des perturbations gravitationnelles dues à d'autres planètes.
Grâce à un spectromètre haute sensibilité monté sur le télescope Canada-France-Hawaii (Mauna Kea, Hawaï) et un instrument similaire sur le télescope Bernard Lyot (Observatoire du Pic-du-Midi, Pyrénées françaises), une équipe a détecté un Jupiter chaud autour de V830 Tauri. Cette étoile, âgée d'environ 2 millions d'années, se situe à 430 années-lumière dans la constellation du Taureau. La période orbitale de la planète n'est que de 4,9 jours.
Dans le même numéro de Nature, une autre équipe rapporte la découverte d'un "super-Neptune" (cinq fois la taille de la Terre) autour d'une étoile jeune de 5 à 10 millions d'années. Nommée K2-33b, cette planète a été observée par le télescope spatial Kepler, à environ 500 années-lumière dans le Scorpion. Sa période orbitale est de 5,4 jours, indiquant aussi une migration précoce.
Ces deux découvertes prouvent que les Jupiters chauds et super-Neptunes se forment peu après la naissance d'une étoile, et migrent très tôt. Cela privilégie le mécanisme de friction discale, plus rapide que les interactions gravitationnelles interplanétaires.