Au cours des trois mois suivant son périhélie, la sonde européenne Rosetta a détecté 34 explosions brèves mais intenses sur la comète 67P/Churyumov-Gerasimenko.

Du 13 août 2015, date du périhélie de la comète 67P/Churyumov-Gerasimenko, jusqu'aux trois mois suivants, la sonde spatiale européenne Rosetta a enregistré 34 éruptions brèves et violentes. Une étude récente révèle leur localisation précise (Monthly Notices of the Royal Astronomical Society, 23 septembre).
Ces explosions éphémères diffèrent de l'activité normale de la comète, caractérisée par une libération régulière de vapeur d'eau et de poussière rythmée par les cycles jour-nuit. Chaque éruption expulse d'importantes quantités de poussière en quelques minutes seulement. Près du Soleil, environ 60 à 260 tonnes de matière ont ainsi été éjectées toutes les 30 heures, soit près de 2,5 rotations cométaires.
La moitié de ces éruptions se sont produites dans des zones récemment exposées au Soleil après la nuit, où la surface se réchauffe rapidement. Cette hausse thermique brutale génère des contraintes provoquant des fractures, libérant violemment des matériaux volatils.
Les autres, survenues principalement vers midi, proviennent probablement de poches profondes de volatils, qui n'atteignent leur point d'ébullition explosive qu'après plusieurs heures d'ensoleillement.
La plupart des éruptions ont eu lieu dans des régions au relief escarpé, comme des falaises abruptes ou des gouffres profonds. Les abondants débris y témoignent d'une intense érosion.
Une seule éruption nocturne est attribuée à l'effondrement d'une falaise fragilisée par l'érosion.