Les dernières données stellaires de Gaia invitent à lever les yeux vers l’extérieur de notre Voie lactée.
Image du Grand Nuage de Magellan (à gauche) et du Petit Nuage de Magellan (à droite), basée sur les données du satellite européen Gaia. Ces galaxies sont reliées par un « pont » d’étoiles. (ESA/Gaia/DPAC)
La troisième publication de données du satellite Gaia révèle la convergence et la séparation des Nuages de Magellan, deux petites galaxies satellites de la Voie lactée, ainsi que l’accélération de notre Soleil dans la galaxie. Plus de données précises sont désormais disponibles pour 330 000 étoiles situées à moins de 325 années-lumière de la Terre. Pour la première fois, les astronomes obtiennent une vue claire de l’extérieur de la Voie lactée depuis notre position. Une équipe internationale, incluant plusieurs chercheurs néerlandais, a annoncé ces résultats jeudi.
Ces scientifiques ont été les premiers à analyser les données, ayant contribué à leur adaptation pour la communauté astronomique.
Amina Helmi (Institut Kapteyn, Université de Groningue) a étudié les Nuages de Magellan : « Nous pouvons désormais déterminer précisément les vitesses et positions des étoiles dans le Grand et le Petit Nuage de Magellan. Cela nous permet de conclure qu’ils se sont d’abord rapprochés, puis éloignés l’un de l’autre. Durant cette « danse », ils se sont mutuellement volé des étoiles. »
Grâce à ces données, observer l’anti-centre galactique – la direction opposée au centre de la Voie lactée – est particulièrement instructif. Les mouvements apparents des étoiles indiquent directement leurs déplacements spatiaux. Eduardo Balbinot (Institut Kapteyn, Université de Groningue) ajoute : « Ces observations montrent qu’il y a environ 10 milliards d’années, le disque de la Voie lactée était bien plus petit qu’aujourd’hui. C’était une hypothèse, mais nous pouvons désormais la prouver. »
Le satellite européen Gaia a cartographié la position et la vitesse de 1,8 milliard d’étoiles dans la Voie lactée et les galaxies voisines, permettant une carte 3D précise de notre galaxie. Ces données éclairent aussi sa composition, sa formation et son évolution, ainsi que celles de ses plus proches voisins. Lancé en 2013, Gaia a publié sa première vague de données en 2016, la seconde en 2018. La première partie de la troisième publication est sortie aujourd’hui ; l’ensemble complet est attendu en 2022.
Anthony Brown (Université de Leiden), coordinateur du Consortium européen de traitement et d’analyse des données Gaia (DPAC), explique : « Initialement, nous prévoyions de publier la version 3 complète en 2022. Mais nous avons choisi de diffuser cette première partie plus tôt, pour ne pas priver les astronomes de cette mine d’informations. »
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