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Aucune phosphine dans l'atmosphère de Vénus : l'hypothèse de vie microbienne réfutée

Des milliers d'exoplanètes ont été découvertes au cours de la dernière décennie. Les astronomes estiment leur nombre réel dans notre Voie lactée à plus de 100 milliards, dont plusieurs milliards potentiellement semblables à la Terre. Nous entrons dans une nouvelle ère : analyser leurs atmosphères pour en déterminer la composition chimique et détecter d'éventuels signes d'activité biologique.

Première forme de vie extraterrestre ?

La recherche de vie extraterrestre s'intensifie, y compris dans notre système solaire. Sur Mars, notre voisine rouge où l'eau coulait jadis abondamment, la surface rocheuse pourrait abriter une vie souterraine.

Sur Vénus, avec ses 500 °C en surface, sa pression écrasante et ses nuages d'acide sulfurique, la vie semblait improbable. Pourtant, en 2020, la détection de phosphine – une molécule associée à des processus biologiques sur Terre – a suscité l'espoir de micro-organismes dans ses nuages.

L'astronomie en mode Sherlock Holmes

La physique quantique révèle la nature des molécules par les longueurs d'onde qu'elles absorbent ou émettent. Utilisant le télescope James Clerk Maxwell, des chercheurs britanniques ont détecté un signal à 266,94 GHz dans l'atmosphère de Vénus.

Ce signal pouvait provenir du dioxyde de soufre (SO₂) ou de la phosphine (PH₃). Ils ont alors mobilisé l'Atacama Large Millimeter/submillimeter Array (ALMA) pour examiner d'autres raies spectrales spécifiques au SO₂, concluant à une concentration insuffisante pour expliquer le signal observé.

Publié dans Nature Astronomy, leur étude attribue ce signal à de la phosphine présente dans les nuages, à environ 50 km d'altitude où la température avoisine les 30 °C.

L'excitation cède la place au doute

Cette découverte révolutionnaire a provoqué un flot de vérifications scientifiques. Une équipe de l'Université de Washington a réanalysé les données ALMA, révélant une sous-estimation du SO₂ par les chercheurs britanniques.

Victoria Meadows, co-auteure de l'étude parue dans The Astrophysical Journal Letters, explique : « La concentration de SO₂ annoncée était incompatible avec les connaissances existantes sur Vénus. » Nature Astronomy a reconnu une erreur dans le traitement des données le 20 novembre.

Hypothèse alternative confirmée

Les données ne justifiaient pas d'écarter le SO₂ comme source du signal. Mieux, Meadows et ses collègues montrent que ce signal provient de la mésosphère, plusieurs dizaines de kilomètres plus haut, où la phosphine ne survivrait que quelques secondes, rendant sa production irréaliste.

Meadows résume : « Les données s'alignent sur une origine SO₂, troisième composé le plus abondant dans l'atmosphère vénusienne, plutôt que sur de la phosphine dans les nuages. »

Cette étude enterre l'hypothèse de la phosphine, bien que la recherche de traces biologiques sur Vénus demeure ouverte.

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